{"id":308,"date":"2017-11-26T00:06:39","date_gmt":"2017-11-26T05:06:39","guid":{"rendered":"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/?page_id=308"},"modified":"2018-01-01T22:07:23","modified_gmt":"2018-01-02T03:07:23","slug":"chapitre-quatre-enchevetrement","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/chapitre-quatre-enchevetrement\/","title":{"rendered":"Chapitre quatre: Enchev\u00eatrement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Robert Fournier: Une \u00e9volution probable de la communication humaine. Un documentaire. \u00a92017<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Chapitre quatre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Enchev\u00eatrement<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>La t\u00e9l\u00e9portation: Science ou Fiction<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Pour les plus \u00e2g\u00e9s d&#8217;entre nous, la <em>t\u00e9l\u00e9portation<\/em> \u00e9voque les s\u00e9ries cin\u00e9matographiques de science-fiction comme <em>Star Trek<\/em>, mais aussi des oeuvres de litt\u00e9rature classique en science-fiction telles que <em>World of \u0100<\/em> (Null-A) d&#8217;A. E. van Vogt (Astounding Science Fiction, 1945), <em>The Fly<\/em> de George Langelaan (Playboy Magazine, juin 1957), et <em>Rogue Moon<\/em> d&#8217;Algis Budry (Gold Medal Books, 1960). Le concept de t\u00e9l\u00e9portation est aussi apparu dans plusieurs \u00e9pisodes d&#8217;anthologies de s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9visuelles de science-fiction telles <em>The twilight zone<\/em> (La quatri\u00e8me dimension) (~1959), et <em>The outer limits<\/em> (~1963). Ce concept a \u00e9t\u00e9 originellement d\u00e9velopp\u00e9 au cours de l&#8217;\u00e2ge d&#8217;or de la litt\u00e9rature de science-fiction du 20e si\u00e8cle par des auteurs en qu\u00eate d&#8217;une forme instantan\u00e9e de technologie de transportation de masses corporelles pour appuyer les intrigues de leurs histoires. Gr\u00e2ce \u00e0 <em>Star Trek<\/em>, tout le monde est familier avec ce dispositif de &#8220;transporteur&#8221; qui est utilis\u00e9 pour t\u00e9l\u00e9porter du personnel et du mat\u00e9riel de vaisseau en vaisseau, ou du vaisseau \u00e0 une plan\u00e8te, et vice versa, \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Selon Robert L. Forward<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, physicien et auteur de science-fiction am\u00e9ricain, le noyau dur de la litt\u00e9rature de science-fiction moderne, \u00e0 l&#8217;exception de la s\u00e9rie <em>Star Trek<\/em> qui se perp\u00e9tue, a abandonn\u00e9 le recours \u00e0 la t\u00e9l\u00e9portation, parce que les auteurs croient que ce concept a davantage \u00e0 voir avec le domaine de la parapsychologie, du paranormal ou de la fantaisie imaginative que du domaine scientifique.<\/p>\n<p>Cependant, depuis les ann\u00e9es 1980, des d\u00e9veloppements dans la th\u00e9orie quantique et la physique g\u00e9n\u00e9rale de la relativit\u00e9 ont fait resurgir l&#8217;exploration de la r\u00e9alit\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9portation. Une explosion de travaux dans la litt\u00e9rature populaire et scientifique au cours des ann\u00e9es 1990 ont fait rena\u00eetre les possibilit\u00e9s technologiques offertes par la t\u00e9l\u00e9portation. De plus, des cas de t\u00e9l\u00e9portation suspects ont \u00e9t\u00e9 scientifiquement investigu\u00e9s et document\u00e9s par le D\u00e9partement de D\u00e9fense des \u00c9tats-Unis. Il a \u00e9t\u00e9 reconnu que l&#8217;extension des recherches en t\u00e9l\u00e9portation quantique et d&#8217;autres formes de t\u00e9l\u00e9portation physique pourrait avoir un impact positif sur les communications et les technologies de transport pour les domaines militaires et civils (Davis, 2004)<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Dans son rapport \u00e0 l&#8217;AFRL, Davis d\u00e9finit cinq types de t\u00e9l\u00e9portation qu&#8217;il a identifi\u00e9s dans ses recherches, dont il tente d&#8217;\u00e9valuer leurs m\u00e9rites respectifs en s&#8217;appuyant sur les recherches scientifiques men\u00e9es sur chacune d&#8217;elles:<\/p>\n<p>1) La t\u00e9l\u00e9portation Sci-Fi (pour science-fiction): c&#8217;est le transport d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9 de personnes ou d&#8217;objets inanim\u00e9s \u00e0 travers l&#8217;espace par des moyens technologiques avanc\u00e9s (futuristes);<\/p>\n<p>2) La t\u00e9l\u00e9portation-p (pour psychique): c&#8217;est le transport de personnes ou d&#8217;objets inanim\u00e9s \u00e0 travers l&#8217;espace par des moyens psychiques;<\/p>\n<p>3) La t\u00e9l\u00e9portation-vm (pour &#8220;vacuum&#8221;): c&#8217;est le transport de personnes ou d&#8217;objets inanim\u00e9s \u00e0 travers l&#8217;espace, en modifiant les propri\u00e9t\u00e9s du vide (vacuum) espace-temps, ou en modifiant l&#8217;espace-temps g\u00e9om\u00e9trique;<\/p>\n<p>4) La t\u00e9l\u00e9portation-q (pour quantique\u00bb): c&#8217;est le transport d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9 de l&#8217;\u00e9tat quantique d&#8217;un syst\u00e8me et sa corr\u00e9lation \u00e0 travers l&#8217;espace \u00e0 un autre syst\u00e8me, o\u00f9 <em>syst\u00e8me<\/em> se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 toute particule unique ou entit\u00e9s collectives de mati\u00e8re ou d&#8217;\u00e9nergie tels les baryons (protons, neutrons, etc.), leptons (\u00e9lectrons, etc.), photons, atomes, ions, etc.;<\/p>\n<p>5) La t\u00e9l\u00e9portation-e (pour exotique): c&#8217;est le transport de personnes ou d&#8217;objets inanim\u00e9s \u00e0 travers des dimensions extra-spatiales ou des univers parall\u00e8les.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Nous devons oublier la <em>t\u00e9l\u00e9portation Sci-Fi<\/em> pour ce qu&#8217;elle est, c&#8217;est-\u00e0-dire de la \u00abpure fiction\u00bb, pour passionn\u00e9s de futurologie.<\/p>\n<p>La <em>t\u00e9l\u00e9portation-vm<\/em> est \u00e9galement du domaine de la fiction, dans la mesure o\u00f9 sa r\u00e9alisation n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d&#8217;un espace vide (vacuum), qui ne peut se trouver qu&#8217;en-dehors de l&#8217;atmosph\u00e8re terrestre, ou qui doit \u00eatre physiquement construit. Passablement de recherches scientifiques et de nouvelles d\u00e9couvertes restent \u00e0 faire pour arriver \u00e0 ce dernier r\u00e9sultat. Quant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9portation au-del\u00e0 de l&#8217;atmosph\u00e8re terrestre, elle ne serait pratiquement envisageable qu&#8217;entre des vaisseaux spaciaux naviguant dans le vide extra-terrestre, \u00e0 des fins militaires essentiellement.<\/p>\n<p>La <em>t\u00e9l\u00e9portation-e<\/em> serait aussi du domaine de la science-fiction, puisqu&#8217;aucun des concepts th\u00e9oriques n\u00e9cessaires \u00e0 sa r\u00e9alisation n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s \u00e0 un niveau de maturation technique, et il n&#8217;est pas possible d&#8217;affirmer jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent qu&#8217;il puisse \u00eatre th\u00e9oriquement possible de voyager entre des dimensions, univers ou espaces extra-spatiaux; aucune v\u00e9rification exp\u00e9rimentale de ces th\u00e9ories n&#8217;est encore possible.<\/p>\n<p>Cela nous laisse avec les deux derniers types de t\u00e9l\u00e9portation identifi\u00e9s, dont il est possible de reconna\u00eetre un potentiel de r\u00e9alit\u00e9 physique.<\/p>\n<p>La <em>t\u00e9l\u00e9portation-p<\/em> concerne la psychokin\u00e9sie, dont la t\u00e9l\u00e9kin\u00e9sie est une forme particuli\u00e8re. La t\u00e9l\u00e9kin\u00e9sie d\u00e9crit le mouvement d&#8217;objets stationnaires sans le recours \u00e0 une quelconque force physique, alors que la psychokin\u00e9sie est essentiellement l&#8217;influence mentale sur la mati\u00e8re, sans \u00e9nergie physique ou instrumentation interm\u00e9diaires. La pr\u00e9cognition, la vision et diverses formes de contr\u00f4le \u00e0 distance<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, la clairvoyance, la t\u00e9l\u00e9pathie, et autres ph\u00e9nom\u00e8nes paranormaux du m\u00eame genre, rel\u00e8vent de la psychokin\u00e9sie. Il existe, un peu partout dans le monde, de tr\u00e8s nombreuses donn\u00e9es de recherches scientifiques factuelles attestant la r\u00e9alit\u00e9 physique de la t\u00e9l\u00e9portation-p et de ph\u00e9nom\u00e8nes psi inusit\u00e9s (voir p. ex. Mitchell 1974<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>; Targ &amp; Puthoff 1977<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>; Nash 1978<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>; Targ 1996<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>; Radin 1997<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>; Tart <em>&amp; al.<\/em> 2002<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>, etc.). Nous ne devrions pas \u00eatre trop press\u00e9s de rejeter la t\u00e9l\u00e9portation-p comme sujet valable d&#8217;exploration scientifique future, soutient Davis (2004). Ce type de t\u00e9l\u00e9portation et les ph\u00e9nom\u00e8nes associ\u00e9s constituent de v\u00e9ritables anomalies et d\u00e9fient les paradigmes scientifiques modernes consensuels. Cependant, \u00ables scientifiques, d\u00e9fendent Lightman &amp; Gingerich (1992:694)<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, sont souvent r\u00e9ticents \u00e0 modifier les paradigmes pour les raisons purement psychologiques que le familier est souvent plus rassurant que le non-familier et que les divergences dans les croyances rendent mal \u00e0 l&#8217;aise\u00bb. Pourtant, les th\u00e9ories changent avec le temps au fur et \u00e0 mesure que les anomalies sont prises en consid\u00e9ration. Les anomalies scientifiques sont inattendues et difficiles \u00e0 expliquer dans un cadre conceptuel existant, mais elles sont particuli\u00e8rement utiles car elles pointent parfois sur des d\u00e9fauts ou des inad\u00e9quations des anciens mod\u00e8les th\u00e9oriques tout en ouvrant la voie \u00e0 de nouveaux. Certains chercheurs soutiennent qu&#8217;il est n\u00e9cessaire de faire appel \u00e0 une nouvelle physique, qui ferait le lien entre la conscience humaine (i.e. la physique de la conscience), la physique quantique et la physique de l&#8217;espace-temps, de fa\u00e7on \u00e0 mieux comprendre la t\u00e9l\u00e9portation-p et les ph\u00e9nom\u00e8nes psychokin\u00e9siques (Davis, 2004:58).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Dans un compl\u00e9ment \u00e0 son article paru dans Qu\u00e9bec Science<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, St\u00e9phane Durand, du Centre de recherches math\u00e9matiques de l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, donne la d\u00e9finition suivante de la t\u00e9l\u00e9portation<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>:<\/p>\n<p><\/p>\n<p>La t\u00e9l\u00e9portation d&#8217;un objet d&#8217;un point A \u00e0 un point B (d&#8217;une plan\u00e8te \u00e0 une autre, par exemple) n&#8217;est <em>pas<\/em> le d\u00e9placement physique de l&#8217;objet de A vers B. C&#8217;est plut\u00f4t la &#8220;d\u00e9mat\u00e9rialisation&#8221; de l&#8217;objet en A, l&#8217;envoi d&#8217;un signal de A vers B contenant les &#8220;plans&#8221; de l&#8217;objet, puis la &#8220;reconstruction&#8221; de l&#8217;objet au point B. La reconstruction se fait \u00e0 partir d&#8217;atomes qui se trouvent d\u00e9j\u00e0 en B. Par cons\u00e9quent, aucune mati\u00e8re ne voyage, seulement de l&#8217;information. L&#8217;objet en B n&#8217;est donc pas le m\u00eame que l&#8217;objet en A (il n&#8217;est pas fait des m\u00eames atomes) mais plut\u00f4t une copie parfaite.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Les initi\u00e9s auront reconnu dans cette d\u00e9finition plusieurs \u00e9l\u00e9ments de la m\u00e9canique de la t\u00e9l\u00e9portation quantique. Pour Durand, la t\u00e9l\u00e9portation est &#8220;clairement un moyen de communication (on peut t\u00e9l\u00e9porter un message!)&#8221;. C&#8217;est gr\u00e2ce au travail exp\u00e9rimental de Bennett &amp; al<em>.<\/em> (1993)<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, que nous avons connu une perc\u00e9e majeure dans la d\u00e9monstration du principe de la t\u00e9l\u00e9portation quantique. Cette \u00e9quipe a r\u00e9ussi \u00e0 t\u00e9l\u00e9porter l&#8217;\u00e9tat quantique d&#8217;un syst\u00e8me \u00e0 deux-\u00e9tats, telle la polarisation d&#8217;un photon<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, en utilisant comme seule ressource une paire de photons enchev\u00eatr\u00e9s (intriqu\u00e9s). Ceux-ci ont notamment d\u00e9couvert qu&#8217;un aspect particulier mais fondamental de la m\u00e9canique quantique, \u00e0 savoir l&#8217;<em>enchev\u00eatrement<sup> <a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a><\/sup><\/em> (\u00abentanglement\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>), pouvait \u00eatre utilis\u00e9 pour contourner les limitations impos\u00e9es par le principe d&#8217;incertitude, ou d&#8217;ind\u00e9termination (\u00abuncertainty principe\u00bb) de Heisenberg, selon lequel on ne peut conna\u00eetre <u>et<\/u> la position pr\u00e9cise d&#8217;un objet <u>et<\/u> sa vitesse simultan\u00e9ment<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>. Dans cette exp\u00e9rimentation, ce n&#8217;est pas la mati\u00e8re elle-m\u00eame qui est t\u00e9l\u00e9port\u00e9e, mais bien l&#8217;information n\u00e9cessaire \u00e0 la reconstruction de sa copie exacte. Cette d\u00e9couverte fut rapidement confirm\u00e9e depuis par plusieurs autres \u00e9quipes de chercheurs en physique quantique<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ce type de t\u00e9l\u00e9portation, contrairement aux versions de science-fiction, ne d\u00e9fie aucune loi de la physique: d&#8217;abord, elle n&#8217;a pas lieu instantan\u00e9ment et, ensuite, elle ne se produit pas plus vite que la vitesse de la lumi\u00e8re. De plus, elle ne permet pas de t\u00e9l\u00e9porter, au sens strict, un \u00eatre vivant ou m\u00eame une particule.<\/p>\n<p>Cette technologie de t\u00e9l\u00e9portation est tr\u00e8s prometteuse, puisqu&#8217;elle ouvre la voie au d\u00e9veloppement de l&#8217;informatique quantique, et donc \u00e0 des ordinateurs quantiques (Kimble, 2008<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>; Ladd <em>&amp; al.<\/em> 2010)<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> capables de stocker des quantit\u00e9s encore beaucoup plus grandes d&#8217;information, et aussi de les traiter beaucoup plus rapidement, que ce que nous connaissons aujourd&#8217;hui; cette technologie ouvre \u00e9galement la voie au d\u00e9veloppement de la \u00abcryptographie quantique\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 d&#8217;envoyer, gr\u00e2ce \u00e0 des photons corr\u00e9l\u00e9s (compl\u00e9mentaires), un message binaire crypt\u00e9 sans que personne ne puisse intercepter cette information (Bennett, Brassard &amp; Ekert, 1992)<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, on note un fort enthouiasme dans le d\u00e9veloppement de la t\u00e9l\u00e9portation quantique, \u00e0 tel point qu&#8217;il est devenu usuel de parler \u00e0 ce sujet de v\u00e9ritable <em>course \u00e0 la distance la plus longue \u00e0 franchir<\/em>. De nouveaux records de t\u00e9l\u00e9portation de l&#8217;information de l&#8217;\u00e9tat quantique d&#8217;un photon sont r\u00e9guli\u00e8rement bris\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres. Depuis la premi\u00e8re t\u00e9l\u00e9portation r\u00e9ussie de l&#8217;\u00e9quipe de Bennett <em>et al.<\/em> (1993) sur une distance d&#8217;un m\u00e8tre, les chercheurs ont progressivement affin\u00e9 leurs m\u00e9thodes et leurs techniques, et varier leurs protocoles d&#8217;exp\u00e9rimentation, pour atteindre une distance de quelques centaines de m\u00e8tres (Marcikic <em>et al.<\/em> 2003<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>; Ursin <em>et al<\/em>., 2004<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>), puis une distance de 16 kilom\u00e8tres, entre Badaling \u00e0 Beijing (le site de t\u00e9l\u00e9portation) et le site r\u00e9cepteur \u00e0 Huailai dans la province de Hebei (Jin, 2010<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>), \u00e0 une distance de 97 kilom\u00e8tres, de GangCha \u00e0 GuanJing, de part et d&#8217;autre du lac Qinghai en Chine (Yin <em>et al.<\/em> 2012)<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>, record nouvellement battu, r\u00e9cemment, sur une distance de 143 kilom\u00e8tres entre La Palma et Tenerife dans les \u00celes Canaries (Ma <em>et al.<\/em> 2012).<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Plus r\u00e9cemment encore, une \u00e9quipe chinoise (Liao <em>et al.<\/em> 2017<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>; Yin <em>et al.<\/em> 2017<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>) a r\u00e9ussi la t\u00e9l\u00e9portation quantique d&#8217;une particule sur une distance de 1200 kms. entre la Terre et un satellite plac\u00e9 dans l&#8217;Espace.<\/p>\n<p>L&#8217;objectif de t\u00e9l\u00e9porter toujours plus loin, ou toujours plus haut devrait-on dire, est de pouvoir relier les stations terrestres avec les satellites (Aspelmeyer <em>et al.<\/em> 2003)<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>, et les satellites entre eux, pour ensuite rebondir \u00e0 nouveau ici sur Terre, avec \u00e0 la cl\u00e9 des capacit\u00e9s et des vitesses de transmission d&#8217;information encore inimaginables, et une s\u00e9curit\u00e9 de cryptage impossible \u00e0 casser (Nielsen &amp; Chuang, 2000<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>; Gisin &amp; Thew, 2007<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>), cela allant permettre de futures applications telles la communication entre des ordinateurs quantiques<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>. L&#8217;<em>Internet quantique<\/em>, qui n&#8217;est plus tr\u00e8s loin sera probablement la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de traitement de l&#8217;information. Un petit pas de plus, en somme, de l&#8217;interconnectivit\u00e9 entre les humains.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la t\u00e9l\u00e9portation quantique, la fiction s&#8217;approche de la r\u00e9alit\u00e9, et Mr. Spock nous semble un peu plus humain. Cependant, par un curieux prolongement des choses, le m\u00e9canisme au coeur m\u00eame de la t\u00e9l\u00e9portation quantique, l&#8217;enchev\u00eatrement (ou si l&#8217;on pr\u00e9f\u00e8re: l&#8217;intrication), pourrait bien \u00e0 terme nous replonger en pleine fiction. C&#8217;est dans cette direction que para\u00eet nous entra\u00eener Dean Radin (2006)<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>, qui, sous le couvert de recherches en exp\u00e9riences extra-sensorielles et en ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques, voudrait bien nous faire avancer d&#8217;un autre pas dans la connaissance de l&#8217;\u00eatre humain, en nous pr\u00e9disant l&#8217;<em>enchev\u00eatrement<\/em> des cerveaux. L&#8217;id\u00e9e est tr\u00e8s int\u00e9ressante a priori<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a>, mais nous rappelle d\u00e9j\u00e0 trop le <em>mindmeld<\/em> de Star Trek. Comme le sugg\u00e8rent les quelques extraits suivants, ce qui est \u00e9tonnant, c&#8217;est que dans la vision de Radin la th\u00e9orie quantique trouve appui dans les ph\u00e9nom\u00e8nes &#8216;psi&#8217;, alors qu&#8217;on se serait attendu \u00e0 l&#8217;inverse, me semble-t-il:<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Quantum theory and a vast body of supporting experiments tell us that <em>something unaccounted for is connecting otherwise isolated objects.<\/em> And this is precisely what psi experiences and experiments are telling us. The parallels are so striking that it suggest that psi is\u2014literally\u2014the human experience of quantum interconnectedness. (pp. 231-232, soulign\u00e9s dans le texte)<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Over the past century, most of the fundamental assumptions about the fabric of physical reality have been revised in the direction predicted by genuine psi&#8230;.psi is the human experience of the entangled universe. (p. 235)<\/p>\n<p><\/p>\n<p>the mind\/brain might be a self-observing quantum object, and as such, it resides within an entangled, nonlocal medium that just happens to be entirely compatible with the known characteristics of psi. (pp. 257-258)<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p>J&#8217;ai cependant la conviction, comme sans doute plusieurs lecteurs de ce texte, que la t\u00e9l\u00e9portation psychique existe bel et bien, et j&#8217;\u00e9mets l&#8217;hypoth\u00e8se que la science finira par reconna\u00eetre qu&#8217;elle repose sur le m\u00eame principe d&#8217;enchev\u00eatrement qui fonde la t\u00e9l\u00e9portation quantique.<\/p>\n<p>Je veux conclure cette section, en accord avec Durand cit\u00e9 plus haut, en posant comme simple \u00e9vidence que la t\u00e9l\u00e9portation, et en particulier la t\u00e9l\u00e9portation quantique, n&#8217;est apr\u00e8s tout qu&#8217;<em>un autre moyen de communication<\/em>, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de <em>t\u00e9l\u00e9communication, <\/em>certes tr\u00e8s efficace et prometteur! J&#8217;insiste enfin encore une fois sur un dernier point: en t\u00e9l\u00e9portation quantique, ce n&#8217;est pas un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel qui est t\u00e9l\u00e9port\u00e9, mais <em>l&#8217;information<\/em> qui sert \u00e0 le reconstruire.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>Mesurer \u00e9motions et conscience \u00e0 distance<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Un projet tr\u00e8s ambitieux, commun\u00e9ment appel\u00e9 GCP, pour <em>Global Consciousness Project<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><strong>[35]<\/strong><\/a><\/em>, essaie d&#8217;\u00e9valuer, au moyen de m\u00e9thodes statistiques, la possibilit\u00e9 de l&#8217;existence de liens particuliers entre le cerveau et la mati\u00e8re, et plus g\u00e9n\u00e9ralement de l&#8217;existence d&#8217;une conscience plan\u00e9taire. Ce projet est un d\u00e9riv\u00e9 du programme de recherche du Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR), fond\u00e9 en 1979 par le physicien Robert G. Jahn<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>, qui s&#8217;\u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 pendant plus de vingt ans, jusqu&#8217;\u00e0 sa fermeture en 2007, \u00e0 des domaines scientifiquement controvers\u00e9s tels les champs de conscience, la psychokin\u00e9sie, le contr\u00f4le \u00e0 distance.<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a> Pour sa part, le GCP voudrait prouver que l&#8217;esprit humain, et de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale la conscience humaine collective, peut influencer de fa\u00e7on ind\u00e9niable la r\u00e9alit\u00e9 du monde physique. Pour y parvenir, le GCP essaie de d\u00e9montrer qu&#8217;il existe une corr\u00e9lation forte entre des anomalies dans la g\u00e9n\u00e9ration des nombres al\u00e9atoires et les \u00e9motions collectives intenses v\u00e9cues durant des \u00e9v\u00e9nements mondiaux importants.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Des <em>g\u00e9n\u00e9rateurs de nombres al\u00e9atoires<\/em> (GNA<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>), situ\u00e9s dans 70 lieux de la Plan\u00e8te, de l&#8217;Alaska aux \u00eeles Fidji, dans toutes les zones peupl\u00e9es et sous tous les fuseaux horaires, relaient, depuis ao\u00fbt 1998, leurs donn\u00e9es par Internet \u00e0 un serveur central, situ\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Princeton aux \u00c9tats-Unis. L&#8217;analyse statistique de ces donn\u00e9es aurait permis de reproduire \u00e0 une large \u00e9chelle des exp\u00e9riences de conscience partag\u00e9e d\u00e9j\u00e0 men\u00e9es en laboratoire (Jahn <em>&amp; al.<\/em>, 1997<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>) ou sur le terrain (Nelson <em>&amp; al<\/em>., 1996<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>, 1998<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>), voulant prouver que l&#8217;esprit humain peut influencer de mani\u00e8re non fortuite la r\u00e9alit\u00e9 physique. En laboratoire, une personne essaie de modifier le comportement d&#8217;un GNA, pour l&#8217;amener \u00e0 produire des r\u00e9sultats plus grands ou plus petits qu&#8217;escompt\u00e9s, tout simplement en d\u00e9sirant ou souhaitant par la pens\u00e9e ce changement. Les exp\u00e9riences semblent montrer que l&#8217;intention humaine peut provoquer des changements faibles mais statistiquement significatifs dans les r\u00e9sultats d&#8217;un GNA. D\u00e9plac\u00e9 sur le terrain, on constate une influence similaire \u00e0 l&#8217;occasion de moments sp\u00e9ciaux de forte conscience collective \u00e9manant d&#8217;une exp\u00e9rience partag\u00e9e lors de rituels et de c\u00e9r\u00e9monies, par exemple, ou inspir\u00e9e par une musique enthousiasmante lors d&#8217;une rencontre intense d&#8217;\u00e9changes collectifs.<\/p>\n<p>Le GCP est un r\u00e9seau de stations r\u00e9parties autour du monde o\u00f9 sont recueillies des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es au hasard. Le GCP utilise les m\u00eames techniques que celles utilis\u00e9es en laboratoire ou sur le terrain, et pose la question naturelle suivante, selon son directeur de projet (Nelson, 2009:6<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>): \u00abExiste-t-il une structure non d\u00e9termin\u00e9e par le hasard dans les donn\u00e9es recueillies au moment o\u00f9 se produisent de grands \u00e9v\u00e9nements?\u00bb Et par implication: \u00abOn peut se demander si les GNA ont la capacit\u00e9 de saisir la preuve d&#8217;une conscience mondiale<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Plusieurs comptes rendus dans des publications acad\u00e9miques, et de nombreuses notes techniques publi\u00e9es sur le site Internet de GCP, r\u00e9dig\u00e9s par le directeur du projet, Roger Nelson, et ses collaborateurs, d\u00e9taillant la m\u00e9thodologie, les proc\u00e9dures exp\u00e9rimentales et les calculs statistiques venant appuyer les analyses effectu\u00e9es et les conclusions tir\u00e9es par ces recherches, je m&#8217;en tiendrai ici \u00e0 l&#8217;essentiel. Sans vouloir m&#8217;\u00e9terniser avec le compte rendu de ce projet, je ne peux \u00e9viter de citer la plus sensationnaliste des v\u00e9rifications exp\u00e9rimentales <em>post hoc<\/em> du GCP, r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la suite des attentats tragiques du 11 septembre 2001 \u00e0 New-York (Nelson, 2002<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>, Nelson &amp; al. 2002<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>; voir cependant Scargle, 2002<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>; May &amp; Spottiswoode<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>, pour un point de vue diff\u00e9rent).<\/p>\n<p>Comme chacun sait, pour l&#8217;avoir vu en direct ce matin du 11 septembre 2001, ou l&#8217;avoir revu en diff\u00e9r\u00e9 un tr\u00e8s grand nombre de fois dans les documentaires t\u00e9l\u00e9visuels ou dans les archives d&#8217;Internet, ce jour-l\u00e0, une s\u00e9rie d&#8217;attaques terroristes d\u00e9truisait les tours jumelles du World Trade Center (WTC), et endommageait s\u00e9v\u00e8rement le Pentagone. Des avions commerciaux avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s et dirig\u00e9s directement sur les trois \u00e9difices. Un premier avion s&#8217;est \u00e9cras\u00e9 sur la tour Nord \u00e0 08h45, et environ 18 minutes plus tard un second avion a frapp\u00e9 la tour Sud. \u00c0 environ 09h40, un troisi\u00e8me avion s&#8217;est \u00e9cras\u00e9 sur le Pentagone. Un quatri\u00e8me avion d\u00e9tourn\u00e9 s&#8217;est \u00e9cras\u00e9 en Pennsylvanie, un \u00e9crasement apparemment d\u00fb au sacrifice h\u00e9ro\u00efque des passagers. \u00c0 environ 09h58, la tour Sud du WTC s&#8217;effondrait, suivie de la tour Nord \u00e0 10h28.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la couverture compl\u00e8te en direct des r\u00e9seaux de diffusion CNN, BBC, et bien d&#8217;autres m\u00e9dias internationaux, les \u00eatres humains tout autour de la plan\u00e8te ont pu ressentir presqu&#8217;au m\u00eame moment des \u00e9motions d&#8217;horreur, de choc, de peur, de consternation et de fascination, en visionnant en boucle les m\u00eames images, synchronis\u00e9es aux bruits ambiants. Ce qui est fascinant pour les chercheurs du GCP, c&#8217;est que de mani\u00e8re \u00e0 peu pr\u00e8s correspondante, au cours de cette journ\u00e9e tragique, leur r\u00e9seau mondial de dispositifs \u00e9lectroniques de GNA transmettait un sch\u00e9ma inhabituel de r\u00e9sultats, qui montraient des \u00e9carts substantiels non attribuables au hasard de plusieurs param\u00e8tres statistiques, l\u00e0 o\u00f9 on n&#8217;en aurait attendu normalement aucun. La tendance, qui aurait d\u00e9but\u00e9 au moment de l&#8217;attaque du WTC, se serait maximis\u00e9e 51 heures plus tard, ce qui, selon les chercheurs est statistiquement peu vraisemblable, selon les analyses des \u00e9chantillonnages it\u00e9ratifs pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Les corr\u00e9lations inattendues tr\u00e8s fortes dans les analyses obtenues gr\u00e2ce au r\u00e9seau mondial de GNA et cet &#8220;\u00e9v\u00e9nement mondial&#8221; montrent la possibilit\u00e9 que les instruments ont v\u00e9ritablement pu capter l&#8217;intensit\u00e9 des r\u00e9actions tr\u00e8s vives que l&#8217;\u00e9v\u00e9nement a suscit\u00e9es, et seraient par ailleurs globalement une indication manifeste d&#8217;une conscience collective plan\u00e9taire en cours de constitution. Corollairement, et, de fa\u00e7on \u00e9tonnante, ce qui semble le plus important pour l&#8217;\u00e9quipe quand on relit attentivement toutes leurs publications, c&#8217;est que ces fortes corr\u00e9lations justifient le recours \u00e0 la m\u00e9thodologie des GNA pour mesurer les manifestations de cette dite conscience au cours de tels \u00e9v\u00e9nements o\u00f9 un grand nombre de personnes tournent leur attention dans la m\u00eame direction. L&#8217;instrumentalisation, ici, para\u00eet primer sur les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>La preuve physique d\u00e9finitive reste donc encore \u00e0 faire, mais cela ne devrait pas nous emp\u00eacher entre-temps de croire en l&#8217;existence immat\u00e9rielle d&#8217;une conscience collective plan\u00e9taire, en accord, incidemment, avec la no\u00f6sph\u00e8re de Teilhard de Chardin. Pour \u00eatre juste avec les chercheurs du GCP, je citerai ici la conclusion de Nelson, dans l&#8217;une de ses derni\u00e8res synth\u00e8ses de pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats du projet (2009:9)<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u00abWe don&#8217;t yet know how to explain the correlations between events of importance to humans and the GCP data, but they are quite clear. They suggest something akin to the image held in almost all cultures of a unity or oneness, an interconnection that is fundamental to life. Our efforts to understand these complex data may contribute insight into the role of mind as a creative force in the world, able to manifest intentions and capable of conscious evolution. Perhaps it is possible to hurry the development of Teilhard de Chardin&#8217;s elegant vision for the future of man.\u00bb<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Les sociopsychologues et historiens sp\u00e9cialistes du comportement, en particulier ceux d\u00e9j\u00e0 habitu\u00e9s avec les ph\u00e9nom\u00e8nes d&#8217;<em>empathie<\/em> et de <em>contagion \u00e9motionnelle<\/em>, ne seront pas surpris devant les r\u00e9sultats obtenus par le GCP. Certains croient que ces deux derniers concepts ne devraient pas \u00eatre confondus, alors que d&#8217;autres les utilisent l&#8217;un pour l&#8217;autre (Hatfield <em>&amp; al<\/em>., 1994)<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a> Selon Pacherie (2004:149)<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>, le mot \u00abempathie\u00bb, qui traduit le concept allemand <em>Einf\u00fchlung<\/em>, forg\u00e9 au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle pour caract\u00e9riser une forme d&#8217;exp\u00e9rience esth\u00e9tique dans laquelle le sujet se projette en imagination dans une oeuvre d&#8217;art, a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendu par Theodore Lipps (1903)<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a> au domaine des relations interpersonnelles. L&#8217;empathie d\u00e9signe aujourd&#8217;hui la capacit\u00e9 que nous avons de nous mettre \u00e0 la place d&#8217;autrui afin de comprendre ce qu&#8217;il \u00e9prouve, alors que la contagion \u00e9motionnelle d\u00e9signe le ph\u00e9nom\u00e8ne de propagation d&#8217;une \u00e9motion d&#8217;un individu \u00e0 d&#8217;autres. Hatfield <em>&amp; al.<\/em>(1992:153-4)<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a> d\u00e9finissent la contagion \u00e9motionnelle de la fa\u00e7on suivante: &#8220;la tendance \u00e0 automatiquement mimer et synchroniser ses expressions, vocalisations, postures, mouvements avec ceux d&#8217;une autre personne, et cons\u00e9quemment de converger \u00e9motionnellement&#8221;<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>. La contagion \u00e9motionnelle, bien connue de la psychologie des foules (&#8220;group mind&#8221; et &#8220;madness of crowds&#8221;: Le Bon, 1896)<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>, d\u00e9note un caract\u00e8re collectif que l&#8217;empathie ne poss\u00e8de pas n\u00e9cessairement.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les \u00e9v\u00e9nements du 11 septembre 2001 \u00e0 New-York analys\u00e9s plus haut par le GCP, et les r\u00e9actions qu&#8217;ils ont suscit\u00e9es, il s&#8217;agit bien d&#8217;un cas de contagion \u00e9motionnelle qui a touch\u00e9 toute la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Nous ne devons pas \u00eatre surpris de constater que les gens ont tendance \u00e0 attraper les \u00e9motions des autres. Les ethnologues croient que l&#8217;imitation de l&#8217;expression \u00e9motionnelle constitue une forme phylog\u00e9n\u00e9tiquement ancienne et fondamentale de la communication \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une esp\u00e8ce. La contagion \u00e9motionnelle existerait chez plusieurs esp\u00e8ces de vert\u00e9br\u00e9s, selon Brothers (1989)<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>. Pour leur part, les psychologues du d\u00e9veloppement soutiennent que cette propri\u00e9t\u00e9 appara\u00eet tr\u00e8s t\u00f4t chez l&#8217;enfant (Eisemberg &amp; Strayer, 1987<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>; Zahn-Waxler &amp; Radke-Yarrow, 1990<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>). Sullivan (1947)<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a> a \u00e9t\u00e9 l&#8217;un des premiers \u00e0 d\u00e9crire ce ph\u00e9nom\u00e8ne entre la m\u00e8re et son enfant, montrant avec quelle facilit\u00e9, et quelle rapidit\u00e9, m\u00eame les nouveaux-n\u00e9s captaient les \u00e9tats \u00e9motionnels de leur protectrice; ce qui sugg\u00e8re une pr\u00e9disposition biologique \u00e0 ce d\u00e9veloppement. Les humains sont fortement motiv\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir des rapports avec les autres tout en conservant leur autonomie et leur ind\u00e9pendance. Une t\u00e2che d\u00e9veloppementale importante qui persiste durant toute la vie consiste \u00e0 maintenir un \u00e9quilibre et une int\u00e9gration de ces deux ensembles de besoins.<\/p>\n<p>La contagion \u00e9motionnelle peut aussi prendre la forme de contagion hyst\u00e9rique de masse (Le Bon, 1896). Tseng &amp; Hsu (1980:77)<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a> d\u00e9finissent ainsi l&#8217;hyst\u00e9rie de masse<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>: \u00abun ph\u00e9nom\u00e8ne socioculturel et psychologique o\u00f9 un groupe de personnes, par contagion sociale, manifeste des d\u00e9sordres psychologiques durant une courte p\u00e9riode de temps\u00bb<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de contagion hyst\u00e9rique de masse a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans toutes sortes de soci\u00e9t\u00e9s, sous diverses circonstances: en Malaisie (Teoh, Soewondo &amp; Sidharta, 1975); en Afrique de l&#8217;Est (Ebrahim, 1968); en Nouvelle-Guin\u00e9e (Reay, 1960); \u00e0 Singapore (Chew, Phoon &amp; Mae-Lim, 1976); etc<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour ceux qui croiraient que ce ph\u00e9nom\u00e8ne de contagion hyst\u00e9rique collective n&#8217;est r\u00e9serv\u00e9 qu&#8217;aux pays du tiers-monde et aux tribus &#8220;primitives&#8221;, Hatfield <em>&amp; al.<\/em> (1994:125-6; 108) nous rappellent les quatre jours de violentes \u00e9meutes de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1863 \u00e0 New-York (McCague, 1968)<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a> , et de mani\u00e8re moins dramatique, cette mise en sc\u00e8ne radiophonique l\u00e9gendaire du roman de science-fiction <em>The War of the Worlds<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\"><strong>[64]<\/strong><\/a><\/em> de H. G. Wells (1898), \u00e9crite et interpr\u00e9t\u00e9e par Orson Welles et la troupe du Mercury Theatre. Cette mise en sc\u00e8ne, diffus\u00e9e par le r\u00e9seau CBS, le 30 octobre 1938, avait cr\u00e9\u00e9 une v\u00e9ritable onde de panique aux \u00c9tats-Unis. On estime que cette \u00e9mission aurait \u00e9t\u00e9 suivie par 32 millions d&#8217;auditeurs. Des milliers de personnes ont t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 leurs familles et \u00e0 leurs amis pour les pr\u00e9venir d&#8217;une attaque imminente des Martiens. Plusieurs s&#8217;\u00e9taient mis \u00e0 genoux pour prier, d&#8217;autres avaient rassembl\u00e9 leur famille, et s&#8217;\u00e9taient engag\u00e9s sur la route sur de longues distances sans savoir exactement o\u00f9 ils allaient (Cantril, 1940).<\/p>\n<p>Pour Hatfield <em>et al.<\/em> (1994), la contagion \u00e9motionnelle rel\u00e8ve d&#8217;un comportement primitif, automatique, et inconscient. Ce processus prend place \u00e0 travers une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tapes. Quand un r\u00e9cepteur interagit avec un \u00e9metteur, il per\u00e7oit les expressions \u00e9motionnelles de l&#8217;\u00e9metteur, qu&#8217;il va se mettre \u00e0 imiter par automatisme. Par effet r\u00e9troactif, ces nouvelles expressions sont traduites dans la perception inconsciente d&#8217;\u00e9motions que l&#8217;\u00e9metteur ressent, conduisant ainsi \u00e0 une convergence \u00e9motionnelle entre les deux. Une autre approche, \u00e9manant de la th\u00e9orie de la comparaison sociale (Festinger, 1954)<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a> , requiert une conscience et un effort cognitif plus grands dans le processus de la contagion \u00e9motionnelle. Selon cette approche, les individus s&#8217;engagent dans une comparaison sociale pour v\u00e9rifier si leurs r\u00e9actions \u00e9motionnelles sont conformes aux personnes qui les entourent. Dans ce cas, le destinataire utilise les \u00e9motions comme un type d&#8217;information sociale pour comprendre comment il devrait se sentir (Schoenewolf, 1990)<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>.<\/p>\n<p>Les gens r\u00e9agissent diff\u00e9remment aux stimili sensoriels positifs et n\u00e9gatifs, mais les \u00e9v\u00e9nements n\u00e9gatifs tendent \u00e0 \u00e9liciter des r\u00e9ponses comportementales, cognitives et \u00e9motionnelles plus rapides et plus fortes que les \u00e9v\u00e9nements neutres ou positifs. Ainsi, les \u00e9motions d\u00e9sagr\u00e9ables auront davantage tendance \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des contagions d&#8217;humeur que les \u00e9motions agr\u00e9ables. Le niveau d&#8217;\u00e9nergie avec lequel une \u00e9motion est produite est une autre variable dont il faut tenir compte: comme une \u00e9nergie forte attire plus l&#8217;attention, il est pr\u00e9visible qu&#8217;une \u00e9motion, agr\u00e9able comme non agr\u00e9able, exprim\u00e9e avec une \u00e9nergie plus forte conduira \u00e0 une contagion plus forte qu&#8217;une \u00e9motion exprim\u00e9e avec une \u00e9nergie plus faible (Schoenewolf, 1990).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable, au plan historique, que l&#8217;av\u00e8nement de l&#8217;\u00e8re des t\u00e9l\u00e9communications et le d\u00e9veloppement rapide des r\u00e9seaux de communication de masse au cours du dernier si\u00e8cle (radio, t\u00e9l\u00e9vision, presse \u00e9crite, Internet et ses r\u00e9seaux sociaux) ont fortement contribu\u00e9 \u00e0 faire passer le partage \u00e9motionnel d&#8217;individu \u00e0 individu dans les r\u00e9seaux restreints traditionnels, d\u00e9finis essentiellement par le contact physique et la proximit\u00e9, \u00e0 une dimension o\u00f9 la transmission des \u00e9motions entre individus et les ph\u00e9nom\u00e8nes de contagion \u00e9motionnelle collective transcendent nos p\u00e9rim\u00e8tres g\u00e9ographiques et temporels individuels.<\/p>\n<p>Les outils de communication modernes poss\u00e8dent une capacit\u00e9 encore plus grande que celle g\u00e9n\u00e9ralement reconnue, en ce qu&#8217;elles ont le potentiel non seulement de transmettre des informations \u00e0 une vitesse toujours plus grande, mais aussi celui de propager \u00e0 une tr\u00e8s large \u00e9chelle nos \u00e9motions, autant individuelles que collectives.<\/p>\n<p>Il me semble par cons\u00e9quent fond\u00e9 d&#8217;envisager la contagion cognitive et la contagion \u00e9motionnelle comme agissant de pair dans le m\u00e9ta-syst\u00e8me t\u00e9l\u00e9portatique envisag\u00e9 globalement dans cet ouvrage.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>Capter co\u00efncidences et sensations<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Nous avons tous fait l&#8217;exp\u00e9rience un jour ou l&#8217;autre de t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 quelqu&#8217;un (p. ex. une relation, un membre de la famille, un proche, etc.) alors que celui-ci, ou celle-ci, \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment en train de nous t\u00e9l\u00e9phoner. Ou encore, de savoir qui \u00e9tait \u00e0 l&#8217;autre bout du t\u00e9l\u00e9phone avant m\u00eame de d\u00e9crocher (avec un appareil sans afficheur, \u00e9videmment!). Ou encore, sans raison apparente, de penser \u00e0 quelqu&#8217;un, et que cette personne nous t\u00e9l\u00e9phone quelques instants plus tard. Il existe toutes sortes de variantes de cette exp\u00e9rience, que beaucoup de gens avouent avoir v\u00e9cue. La m\u00eame chose a pu nous arriver aussi avec les e-mails et les sms.<\/p>\n<p>Personnellement, je peux me rappeler, \u00e0 deux ou trois occasions, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque du t\u00e9l\u00e9phone filaire \u00e0 commutateur \u00e9lectrom\u00e9canique, o\u00f9 j&#8217;ai d\u00e9croch\u00e9 le t\u00e9l\u00e9phone, sans m\u00eame que l&#8217;appareil n&#8217;ait \u00e9mis de sonnerie, alors que l&#8217;interlocuteur que je d\u00e9sirais appeler, et qui avait lui aussi eu l&#8217;id\u00e9e de me t\u00e9l\u00e9phoner, se trouvait <em>d\u00e9j\u00e0<\/em> \u00e0 l&#8217;autre bout du fil. Plusieurs personnes, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de cette technologie, ont rapport\u00e9 le m\u00eame genre d&#8217;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il nous est probablement aussi arriv\u00e9 \u00e0 plusieurs, dans certaines occasions, alors que nous nous trouvions, par exemple, au volant d&#8217;une voiture, d&#8217;avoir la sensation d&#8217;\u00eatre observ\u00e9, de nous retourner, et effectivement de rencontrer le regard d&#8217;un observateur, dans cet exemple-ci, dans la voiture qui nous pr\u00e9c\u00e8de, ou dans celle qui attend en parall\u00e8le avec la n\u00f4tre sur un boulevard le passage au feu vert. On a pu aussi pour le plaisir facilement exp\u00e9rimenter l&#8217;inverse: fixer une personne dans une voiture en parall\u00e8le, et attendre que celle-ci se retourne vers soi. Rien ne nous autorise \u00e0 croire a priori que nous pouvons d\u00e9tecter correctement \u00e0 chaque fois un regard qui se fixe sur nous. Combien de fois cela a-t-il pu nous arriver sans que nous en ayons \u00e9t\u00e9 conscients? Cela reste \u00e0 v\u00e9rifier.<\/p>\n<p>Ce genre d&#8217;exp\u00e9riences, que nous attribuons volontiers \u00e0 des co\u00efncidences ou des faits anecdotiques, certains chercheurs en parapsychologie, tels Rupert Sheldrake, voudraient bien leur donner une confirmation scientifique. Et comme c&#8217;est fr\u00e9quemment le cas dans ce domaine, la preuve scientifique passe par l&#8217;analyse probabiliste du ph\u00e9nom\u00e8ne suppos\u00e9. Commun\u00e9ment, dans cette approche, les sujets essaient de deviner des r\u00e9sultats ou d&#8217;influencer mentalement des g\u00e9n\u00e9rateurs de nombres al\u00e9atoires (GNA), et leur r\u00e9ussite ou leur \u00e9chec est jug\u00e9 par une comparaison statistique avec ce qui aurait \u00e9t\u00e9 attendu par le seul effet du hasard. Les recherches du GCP dont j&#8217;ai parl\u00e9 plus haut utilisent ce genre de m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Ces <em>co\u00efncidences<\/em> t\u00e9l\u00e9phoniques, que Sheldrake a \u00e9tudi\u00e9es et analys\u00e9es statistiquement \u00e0 plusieurs reprises, il pr\u00e9f\u00e8re les appeler des cas apparents de <em>t\u00e9lapathie t\u00e9l\u00e9phonique<\/em>. Sheldrake (2000<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>; 2003<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>) et Brown &amp; Sheldrake (2001)<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a> rapportent que de nombreuses personnes ont dit avoir su qui les appelait quand le t\u00e9l\u00e9phone s&#8217;est mis \u00e0 sonner, ou qu&#8217;elles ont pens\u00e9 \u00e0 une personne sans aucune raison apparente, et que cette personne a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 peu apr\u00e8s. Sheldrake &amp; Smart (2003a<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>; 2003b<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>) ont con\u00e7u un protocole exp\u00e9rimental simple pour tester si des gens pouvaient r\u00e9ellement deviner qui appelle, dans des conditions o\u00f9 ils ne pouvaient le savoir par aucun moyen normal. Un participant re\u00e7oit un appel \u00e0 un moment pr\u00e9d\u00e9fini de l&#8217;un de quatre appelants potentiels. Le participant conna\u00eet l&#8217;identit\u00e9 de ces quatre appelants. L&#8217;exp\u00e9rimentateur choisit l&#8217;appelant au hasard en roulant un d\u00e9, et dit alors \u00e0 l&#8217;appelant qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 choisi pour t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 un moment pr\u00e9cis dans le futur proche. Lorsque le t\u00e9l\u00e9phone sonne, le participant doit donner le nom de celui qui t\u00e9l\u00e9phone avant m\u00eame de saisir le combin\u00e9. Par le hasard seulement, si la t\u00e9l\u00e9pathie ne jouait aucun r\u00f4le, le niveau de r\u00e9ussite serait d&#8217;environ 1 sur 4, ou 25%. Or, sur un total de plus de 850 essais impliquant 65 participants, le niveau de r\u00e9ussite moyen a \u00e9t\u00e9 de 42% (Sheldrake, 2003)<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>. Sheldrake <em>&amp; al.<\/em> (2004)<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a> ont men\u00e9 une autre tentative exp\u00e9rimentale, dans un show t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, dans le but de reproduire le ph\u00e9nom\u00e8ne de t\u00e9l\u00e9patie t\u00e9l\u00e9phonique, cette fois avec les soeurs Nolan, un groupe pop f\u00e9minin irlandais, populaire en Angleterre autour des ann\u00e9es 1980, \u00e0 qui on a fait subir le m\u00eame genre de test que celui d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment. Les r\u00e9sultats obtenus avec les soeurs Nolan ont confirm\u00e9 les recherches pr\u00e9c\u00e9dentes, et selon Sheldrake, appuient l&#8217;hypoth\u00e8se de la t\u00e9l\u00e9phonie t\u00e9l\u00e9pathique.<\/p>\n<p>Sheldrake &amp; Smart (2005)<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a> et Sheldrake &amp; Avraamides (2009)<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a> ont voulu v\u00e9rifier l&#8217;effet t\u00e9l\u00e9pathique, mais cette fois avec le courrier \u00e9lectronique, en suivant une proc\u00e9dure semblable \u00e0 celle du t\u00e9l\u00e9phone; ils ont obtenu, confirment-ils, des r\u00e9sultats similaires aux exp\u00e9riences de t\u00e9l\u00e9pathie t\u00e9l\u00e9phonique. Prudemment, Sheldrake &amp; Avraamides (2009) avouent qu&#8217;une illusion de t\u00e9l\u00e9pathie peut appara\u00eetre si quelqu&#8217;un se rappelle qu&#8217;une personne lui a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 ou envoy\u00e9 un e-mail peu apr\u00e8s qu&#8217;il a pens\u00e9 \u00e0 cette personne, mais a oubli\u00e9 toutes les fois o\u00f9 il a pens\u00e9 \u00e0 une personne qui ne l&#8217;a pas contact\u00e9. Une illusion de t\u00e9l\u00e9pathie peut aussi se produire si une personne a une attente inconsciente que quelqu&#8217;un qu&#8217;il conna\u00eet bien est sur le point de lui t\u00e9l\u00e9phoner ou de lui adresser un e-mail, en se fondant sur une connaissance implicite du comportement de cette personne.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>La reproduction de ces exp\u00e9riences, par Sheldrake et son \u00e9quipe, \u00e9x\u00e9cut\u00e9es sous diverses conditions d&#8217;observation publique, peut sembler bien r\u00e9p\u00e9titive, et ne rien apporter de plus \u00e0 la confirmation de ses hypoth\u00e8ses. Le but non avou\u00e9 de cet exercice \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition est bien entendu de satisfaire les exigences des sceptiques du monde scientifique, pour qui la parapsychologie est pr\u00e9cis\u00e9ment <em>non scientifique<\/em>, autant par son manque de fondements th\u00e9oriques que par ses faiblesses m\u00e9thodologiques (Alcock, 2003<a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a>; Burns, 2003<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>) . \u00c0 lire et relire les nombreuses publications de Sheldrake (<em>et al.<\/em>)<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a> sur ce sujet, on note qu&#8217;il essaie de se pr\u00e9munir des d\u00e9fauts de non-falsifiabilit\u00e9 (r\u00e9futabilit\u00e9), de non-reproductibilit\u00e9 (corroboration), et de non-pr\u00e9dictibilit\u00e9, crit\u00e8res g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9s \u00e0 la suite de Karl Popper pour distinguer la science de la pseudo-science. Cette attitude, qui peut para\u00eetre inhabituelle, n&#8217;\u00e9tonne pas quand on conna\u00eet les d\u00e9bats soutenus inconciliables<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a> entre sceptiques et parapyschologues (&#8220;m\u00e9tapsychistes&#8221;), qui ont fini par pendre l&#8217;allure d&#8217;un dialogue de sourds. Pour Stevenson (1999)<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a>, par exemple, la falsifiabilit\u00e9, la reproductibilit\u00e9 et la pr\u00e9dictibilit\u00e9 ne sont pas des crit\u00e8res essentiels pour d\u00e9finir la science. Jahn &amp; Dunne (1997)<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a> vont m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 d\u00e9finir une science &#8220;n\u00e9o-subjective&#8221; fond\u00e9e sur la rigueur logique et le dialogue empirique et th\u00e9orique pour contrer, \u00e9crivent-ils, la \u00abst\u00e9rilisation excessive de la science dominante\u00bb.<\/p>\n<p>Que leurs r\u00e9sultats n&#8217;adh\u00e8rent pas \u00e0 une th\u00e9orie dominante peut \u00eatre indicatif, selon les parapsychologues, de l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un nouveau paradigme scientifique. C&#8217;est l\u00e0 tout le probl\u00e8me de la fa\u00e7on de traiter les anomalies, souligne Mousseau (2003)<a href=\"#_ftn82\" name=\"_ftnref82\">[82]<\/a>. Elles peuvent \u00eatre la source d&#8217;une nouvelle d\u00e9couverte, ou au contraire, alimenter la pseudo-science. Il est souvent impossible de pr\u00e9dire le futur d&#8217;une anomalie. L&#8217;histoire des sciences contient des cas de r\u00e9sultats aberrants inconsistants avec la th\u00e9orie dominante d&#8217;une \u00e9poque, qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s des d\u00e9couvertes majeures. Les chercheurs en ph\u00e9nom\u00e8nes paranormaux utilisent ce genre d&#8217;arguments pour se d\u00e9fendre des attaques des scientifiques sceptiques qui critiquent leurs faiblesses th\u00e9oriques et leur manque de r\u00e9sultats pratiques. Bien que plusieurs sceptiques ne prennent m\u00eame pas la peine d&#8217;examiner avec soin les \u00e9tudes en parapsychologie, certains affirment qu&#8217;on n&#8217;a vu aucun progr\u00e8s dans ce domaine depuis un si\u00e8cle (Alcock, 1991)<a href=\"#_ftn83\" name=\"_ftnref83\">[83]<\/a>, ce qui est contredit sans complaisance par l&#8217;un des int\u00e9ress\u00e9s (Tart, 2002)<a href=\"#_ftn84\" name=\"_ftnref84\">[84]<\/a>. La controverse entre les deux groupes touche plus g\u00e9n\u00e9ralement au champs d&#8217;\u00e9tude m\u00eame de la parapsychologie, qui, pour les sceptiques, est non ou mal d\u00e9fini, non prouv\u00e9, et doit donc constamment \u00eatre remis en question. On a par ailleurs parfois qualifi\u00e9 la parapsychologie de frauduleuse, fraude en provenance des sujets \u00e9tudi\u00e9s (Hansen, 1990)<a href=\"#_ftn85\" name=\"_ftnref85\">[85]<\/a>, ou fraude des exp\u00e9rimentateurs eux-m\u00eames (Hansel, 1966)<a href=\"#_ftn86\" name=\"_ftnref86\">[86]<\/a>. Enfin, loin d&#8217;\u00e9puiser toute la controverse, un dernier crit\u00e8re, externe, parfois \u00e9voqu\u00e9 par les sceptiques: si la discipline n&#8217;est pas enseign\u00e9e \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 et qu&#8217;elle n&#8217;a pas de publications \u00e0 comit\u00e9 de lecture, alors il s&#8217;agit d&#8217;une pseudo-science.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Mais sortons de ce d\u00e9bat et questionnons, pour l&#8217;int\u00e9r\u00eat, les choses autrement. Existe-t-il un autre monde au-d\u00e9l\u00e0 de nos sens? Est-il possible de communiquer avec les autres sans avoir recours \u00e0 notre appareil complexe sensori-perceptuel, phonatoire-acoustique, qui a \u00e9volu\u00e9 au cours de centaines de millions d&#8217;ann\u00e9es? Pour beaucoup d&#8217;entre nous, la simple exp\u00e9rience personnelle sugg\u00e8re que la r\u00e9ponse \u00e0 cette derni\u00e8re question est &#8220;oui&#8221;. Qu&#8217;en savons-nous r\u00e9ellement? La t\u00e9l\u00e9pathie ne peut-elle avoir exist\u00e9 depuis aussi longtemps que l&#8217;\u00e9veil m\u00eame de la conscience chez les premiers hominid\u00e9s? Et pourquoi pas, avant m\u00eame toute forme de langage naturel articul\u00e9? Est-ce que le fait que la science ou la parapsychologie n&#8217;aient pas encore prouv\u00e9 hors de tout doute l&#8217;existence de la t\u00e9l\u00e9pathie invalide cette possibilit\u00e9? La t\u00e9l\u00e9pathie ne serait-elle pas le produit du fonctionnement normal mais encore mal compris de notre cerveau? La parapsychologie offre l&#8217;avantage de proposer un programme de recherche scientifique (un paradigme), m\u00eame s&#8217;il est imparfait, \u00e0 la r\u00e9solution de cette question. Quant \u00e0 la science, il faudra attendre, semble-t-il, encore quelque temps, pour en recevoir la validation.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Scopesthesia<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il existe une croyance populaire largement r\u00e9pandue qui voudrait que les gens sont capables de sentir qu&#8217;ils sont observ\u00e9s par une personne se situant en dehors de leur champ visuel. Carpenter (2005)<a href=\"#_ftn87\" name=\"_ftnref87\">[87]<\/a> a propos\u00e9 le n\u00e9ologisme <em>scopesthesia<\/em> pour d\u00e9signer ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Beaucoup de personnes ont fait l&#8217;exp\u00e9rience de tourner la t\u00eate vers l&#8217;arri\u00e8re avec la sensation que quelqu&#8217;un derri\u00e8re eux \u00e9tait en train de les regarder, et qu&#8217;en effet c&#8217;\u00e9tait le cas. Beaucoup de gens ont aussi fait l&#8217;exp\u00e9rience inverse: ils peuvent inciter une personne \u00e0 se retourner en la regardant fix\u00e9ment. Dans des sondages effectu\u00e9s en Europe et en Am\u00e9rique du Nord, de 70% \u00e0 97% des gens questionn\u00e9s ont r\u00e9pondu avoir d\u00e9j\u00e0 connu des exp\u00e9riences de ce genre (Braud <em>&amp; al.<\/em>, 1990<a href=\"#_ftn88\" name=\"_ftnref88\">[88]<\/a>; Sheldrake, 1994<a href=\"#_ftn89\" name=\"_ftnref89\">[89]<\/a>; 2005a<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>). Cette croyance serait partag\u00e9e par toutes les cultures (Radin, 1977)<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a>. Certains parapsychologues soutiennent qu&#8217;il pourrait s&#8217;agir d&#8217;une forme d&#8217;influence mentale \u00e0 distance. Et comme on doit s&#8217;y attendre, les sceptiques et les psychologues scientifiques critiquent farouchement cette hypoth\u00e8se. La premi\u00e8re publication acad\u00e9mique, \u00e0 ma connaissance, sur la &#8220;sensation d&#8217;\u00eatre observ\u00e9&#8221; (Titchener, 1898)<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a>, propose une explication phylog\u00e9n\u00e9tique \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne: l&#8217;attention constante que nous avons d\u00fb d\u00e9velopper au cours de l&#8217;\u00e9volution pour prot\u00e8ger notre arri\u00e8re quand nos anc\u00eatres ont adopt\u00e9 la station debout. Selon Sheldrake (2003)<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a>, cette capacit\u00e9 de ressentir \u00e0 distance existerait aussi dans le monde animal. Des propri\u00e9taires d&#8217;animaux de compagnie affirment pouvoir r\u00e9veiller leur chat ou leur chien endormi, en fixant leur regard sur l&#8217;animal. Des chasseurs seraient convaincus que des animaux peuvent d\u00e9tecter leur regard m\u00eame s&#8217;ils sont cach\u00e9s ou lorsqu&#8217;ils observent l&#8217;animal \u00e0 traves des lentilles t\u00e9lescopiques. \u00c0 l&#8217;inverse, des chasseurs ont dit avoir ressenti \u00eatre observ\u00e9s par des animaux.<\/p>\n<p>Cette croyance \u00e0 la <em>scopesth\u00e9sie<\/em> pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat certain pour la psychologie en g\u00e9n\u00e9ral et pour la psychologie d\u00e9veloppementale en particulier, pour au moins trois raisons (Cottrell <em>&amp; al<\/em>., 1996:50)<a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>. D&#8217;abord, elle semble extr\u00eamement r\u00e9pandue, puissante, et fondamentalement intuitive, en contraste aux croyances pr\u00e9sum\u00e9ment fond\u00e9es sur les acquis cognitifs; ce qui soul\u00e8ve le probl\u00e8me de la relation entre cognition et intuition. Dans ce contexte, l&#8217;intuition implique des r\u00e9actions spontan\u00e9es qui ne sont pas fermement appuy\u00e9es par la logique ou l&#8217;analyse et qui semblent apparemment fond\u00e9es sur les \u00e9motions.<\/p>\n<p>Ensuite, cette croyance \u00e0 la scopesth\u00e9sie soul\u00e8ve des questions pour les th\u00e9ories du cerveau et de la cognition, en ce qui touche en particulier le syst\u00e8me d&#8217;inf\u00e9rences qui nous permet d&#8217;imputer des processus cognitifs et perceptuels, et des \u00e9tats mentaux, soit \u00e0 nous-m\u00eames, soit \u00e0 d&#8217;autres (Premack &amp; Woodruff, 1978)<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a>. Enfin, cette croyance nous rappelle plusieurs superstitutions sur le r\u00f4le de la vision et de l&#8217;oeil, et elle semble aussi entretenir de frappantes similarit\u00e9s avec les th\u00e9ories formelles de la vision. Sur ce dernier point, Rupert Sheldrake (2005b)<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\">[96]<\/a>, qui a men\u00e9 un grand nombre d&#8217;investigations<a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a> sur cette sensation d&#8217;\u00eatre observ\u00e9 \u00e0 distance<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\">[98]<\/a>, offre un point de vue int\u00e9ressant, non exempt de critiques cependant<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\">[99]<\/a>.<\/p>\n<p>Si la scopesth\u00e9sie existe r\u00e9ellement, ce que Sheldrake prend pour acquis et qu&#8217;il s&#8217;acharne \u00e0 d\u00e9montrer par ses nombreuses investigations sur le sujet<a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>, il doit bien y avoir une explication. La sensation d&#8217;\u00eatre observ\u00e9 implique que le fait de regarder une personne peut affecter cette personne \u00e0 distance. Cette influence se manifeste de l&#8217;observateur vers la personne observ\u00e9e. La scopesth\u00e9sie ne semble pas trouver de fondement dans les th\u00e9ories qui situent la totalit\u00e9 de l&#8217;activit\u00e9 perceptuelle \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la t\u00eate. Elle semble par ailleurs davantage compatible avec les th\u00e9ories combin\u00e9es de l&#8217;intromission et de l&#8217;extramission, qui acceptent l&#8217;id\u00e9e que la vision joue un double r\u00f4le, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 la fois actif et passif. L&#8217;hypoth\u00e8se de Sheldrake sur la scopesth\u00e9sie repose sur le postulat de l&#8217;existence de champs perceptuels qui mettent en relation l&#8217;observateur \u00e0 la personne observ\u00e9e. Ces champs perceptuels ne sont pas confin\u00e9s au cerveau, o\u00f9 ils trouvent leur assise, mais exercent leur influence bien au-del\u00e0 du cerveau dans le monde ext\u00e9rieur, et sont \u00e9troitement reli\u00e9s aux actions et activit\u00e9s corporelles. La seule fa\u00e7on d&#8217;expliquer, si on y croit, la scopesth\u00e9sie, soutient Sheldrake, est de postuler un effet mental non local o\u00f9 l&#8217;attention port\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation d&#8217;une autre personne dans son propre cerveau influence \u00e0 distance cette personne par un m\u00e9canisme, encore inconnu, mais qui s&#8217;apparente \u00e0 une forme de t\u00e9l\u00e9pathie, \u00e0 effet quantique. L&#8217;hypoth\u00e8se des champs perceptuels de Sheldrake implique un syst\u00e8me de projections perceptuelles qui permettent des interactions d&#8217;un individu \u00e0 un autre. Nous sommes habitu\u00e9s, argumente-t-il, \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de champs se projetant au-del\u00e0 de leurs corps mat\u00e9riels et se propageant sur d&#8217;autres surfaces, comme dans le cas de champs magn\u00e9tiques autour des aimants, le champ gravitationnel autour de la terre, ou les champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00e9mis par nos t\u00e9l\u00e9phones mobiles. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes ont tous \u00e9t\u00e9 scientifiquement d\u00e9montr\u00e9s. De la m\u00eame fa\u00e7on, nos esprits se propagent au-del\u00e0 de nos cerveaux \u00e0 travers de tels champs. Les champs perceptuels font partie d&#8217;un groupe plus \u00e9tendu de champs biologiques impliqu\u00e9s dans l&#8217;organisation du d\u00e9veloppement des organismes et dans l&#8217;activit\u00e9 du syst\u00e8me nerveux. En biologie d\u00e9velopementale, le concept des champs morphog\u00e9n\u00e9tiques est largement reconnu, m\u00eame si leur existence n&#8217;est pas encore totalement expliqu\u00e9e par la physique. \u00c0 leur tour, les champs morphog\u00e9n\u00e9tiques font partie d&#8217;une classe plus large de champs, appel\u00e9s champs morphiques, qui incluent les champs comportementaux et les champs sociaux (Sheldrake, 1988<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>). Les champs comportementaux sont responsables de l&#8217;organisation du comportement animal par la structuration de l&#8217;activit\u00e9 chaotique et ind\u00e9termin\u00e9e des syst\u00e8mes nerveux. Les champs sociaux coordonnent les activit\u00e9s des groupes sociaux, tels les vol\u00e9es d&#8217;oiseaux ou les bancs de poissons, qui les emp\u00eachent de se frapper les uns et les autres et qui leur permettent de r\u00e9agir rapidement comme une seule entit\u00e9 unifi\u00e9e (Sheldrake, 2003)<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a>. Suivant ce mod\u00e8le, il est dans la nature des champs morphiques de se lier ensemble et de coordonner des mod\u00e8les d&#8217;activit\u00e9 dans un groupe \u00e9tendu. Ces champs sont de plus influenc\u00e9s par une r\u00e9sonance \u00e0 travers le temps et l&#8217;espace \u00e0 partir de syst\u00e8mes similaires qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, par un processus appel\u00e9 r\u00e9sonance morphique. Ces champs sont eux-m\u00eames des champs de probabilit\u00e9, et ils influencent les processus de probabilit\u00e9; en ce sens, ils ressemblent aux champs de la th\u00e9orie quantique. L&#8217;hypoth\u00e8se des champs morphiques a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de recherches en biologie mol\u00e9culaire et en biologie d\u00e9veloppementale. Mais les champs morphiques ont des propri\u00e9t\u00e9s qui sont \u00e9galement pertinentes \u00e0 trois aspects de la relation esprit-cerveau. D&#8217;abord, par leur nature ils peuvent connecter ensemble des sch\u00e9mas d&#8217;activit\u00e9 dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du cerveau, et r\u00e9soudre ainsi le probl\u00e8me de co-indexation (\u00abbinding problem\u00bb). Ensuite, ils contiennent des attracteurs, qui organisent et donnent une signification au syst\u00e8me entier, ce qui permet d&#8217;expliquer l&#8217;intentionalit\u00e9 de perception. Enfin, ils relient en un seul syst\u00e8me le sujet et l&#8217;objet, l&#8217;observateur et l&#8217;observ\u00e9, et se propagent au-del\u00e0 de notre cerveau pour inclure ou envelopper l&#8217;objet de la perception. Pour comprendre pleinement la sensation d&#8217;\u00eatre observ\u00e9, il faut ajouter, pr\u00e9cise Sheldrake (2005b:44)<a href=\"#_ftn103\" name=\"_ftnref103\">[103]<\/a>, un postulat additionnel, notamment que ces champs perceptuels ont la propri\u00e9t\u00e9 d&#8217;interagir avec les champs de la personne sur qui l&#8217;attention est port\u00e9e. Par hypoth\u00e8se, chaque individu poss\u00e8dant son propre champ morphique, il lui est possible d&#8217;interagir avec le champ morphique d&#8217;une autre personne. La physique conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 plusieurs exemples d&#8217;interaction champ-champ, tels que les champs gravitationnels, magn\u00e9tiques, \u00e9lectriques, \u00e9lectromagn\u00e9tiques, et enfin les champs de mati\u00e8re quantique.<\/p>\n<p>L&#8217;un des aspects fondamentaux de la t\u00e9l\u00e9portation quantique est le principe d&#8217;enchev\u00eatrement. On a pu d\u00e9montrer que lorsque des paires de particules sont produites \u00e0 partir d&#8217;une source commune, des photons par exemple, chaque membre de la paire peut montrer des corr\u00e9lations de comportement avec l&#8217;autre membre de la paire, sur des distances qui sont inexplicables par la physique traditionnelle.<\/p>\n<p>Rupert Sheldrake est peut-\u00eatre le seul \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 sa th\u00e9orie sp\u00e9culative de r\u00e9sonance morphique; cependant, ils sont de plus en plus nombreux les scientifiques bien \u00e9tablis dans leur discipline \u00e0 se &#8220;recycler&#8221; dans le <em>parapsychologique<\/em> ou le <em>parapsychique<\/em> (p. exs. Jahn &amp; Dunne, 1986<a href=\"#_ftn104\" name=\"_ftnref104\">[104]<\/a>; Clarke, 2004<a href=\"#_ftn105\" name=\"_ftnref105\">[105]<\/a>; Radin, 2004<a href=\"#_ftn106\" name=\"_ftnref106\">[106]<\/a>; Hu &amp; Wu, 2006<a href=\"#_ftn107\" name=\"_ftnref107\">[107]<\/a>), et \u00e0 voir dans les principes de base de la physique quantique (tels l&#8217;enchev\u00eatrement et la non-localit\u00e9) une avenue explicative prometteuse dans la compr\u00e9hension de la relation entre l&#8217;esprit, le cerveau, et la conscience humaine. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l&#8217;hypoth\u00e8se de la conscience quantique propose que la m\u00e9canique classique (la physique newtonienne) ne peut pas expliquer notre exp\u00e9rience subjective de la conscience humaine. Elle sugg\u00e8re que certains ph\u00e9nom\u00e8nes de la m\u00e9canique quantique, tels que l&#8217;enchev\u00eatrement, la non-localit\u00e9, l&#8217;incertitude, et la superposition, peuvent jouer un r\u00f4le important dans les fonctions du cerveau, et peuvent en outre former la base physique d&#8217;une explication de la conscience (Whalen &amp; Fleisch, 2012)<a href=\"#_ftn108\" name=\"_ftnref108\">[108]<\/a>.<\/p>\n<p>Dean Radin, en particulier, un dipl\u00f4m\u00e9 en g\u00e9nie \u00e9lectrique et en psychologie, et sans doute le plus m\u00e9diatis\u00e9 de tous les parapsychologues convaincus avec Rupert Sheldrake, pr\u00e9dit (Radin, 2004; 2006<a href=\"#_ftn109\" name=\"_ftnref109\">[109]<\/a>) que des chercheurs d\u00e9couvriront bient\u00f4t que sous certaines conditions des cellules vivantes montrent aussi des propri\u00e9t\u00e9s associ\u00e9es avec l&#8217;enchev\u00eatrement quantique. Ce sera l&#8217;\u00e9mergence du <em>bioenchev\u00eatrement<\/em>, un concept beaucoup plus g\u00e9n\u00e9ral que les cas actuels d&#8217;enchev\u00eatrement impliquant des photons et des particules inanim\u00e9es. Son sc\u00e9nario entrevoit que cette technique permettra bient\u00f4t d&#8217;enchev\u00eatrer des cerveaux, qui manifesteront des comportements corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 distance. Mais les choses ne s&#8217;arr\u00eateront pas l\u00e0, puisque sa pr\u00e9diction veut aussi que les champs mentaux deviendront bioenchev\u00eatr\u00e9s avec le reste de l&#8217;Univers. Les premi\u00e8res pr\u00e9dictions de Radin semblent sur le point de se r\u00e9aliser, si l&#8217;on en croit l&#8217;\u00e9tude r\u00e9cente d&#8217;une \u00e9quipe de scientifiques de la Charles R. Drew University of Medecine and Science (Los Angeles) et de la Geffen School of Medecine (UCLA) (Chaban <em>&amp; al.<\/em>, 2013)<a href=\"#_ftn110\" name=\"_ftnref110\">[110]<\/a>. Ces chercheurs ont identifi\u00e9 un mode de communication entre cellules nerveuses sans contact physique ou biologique, \u00e0 travers des barri\u00e8res physiques, qui prend l&#8217;allure d&#8217;un mode de communication t\u00e9l\u00e9pathique entre cellules. Jusqu&#8217;ici, les seuls modes de communication cellulaire connus \u00e9taient la communication par le contact direct, ou par stimulation des r\u00e9cepteurs des cellules des mol\u00e9cules, appel\u00e9es <em>ligands<\/em>, ou des hormones, des nerfs, ou autres voies de signalisation. L\u2019\u00e9quipe montre comment des cellules nerveuses normales, isol\u00e9es dans une enceinte ferm\u00e9e, se comportent durant le traitement du signal calcique. L&#8217;\u00e9quipe a d\u00e9couvert que lorsque ces cellules nerveuses isol\u00e9es sont entour\u00e9es par d&#8217;autres cellules nerveuses normales \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de la barri\u00e8re, elles conservent les m\u00eames propri\u00e9t\u00e9s de signalisation du calcium. Mais si ces cellules nerveuses normales isol\u00e9es sont encercl\u00e9es par des cellules canc\u00e9reuses ou mourantes, elles traitent alors diff\u00e9remment les signaux calciques, sugg\u00e9rant l&#8217;existence d&#8217;une communication \u00e0 partir des cellules environnantes. La barri\u00e8re physique entre les cellules emp\u00eache pourtant tout mode de communication habituel<a href=\"#_ftn111\" name=\"_ftnref111\">[111]<\/a>.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>Conscience et Monde physique: Franchir le foss\u00e9 explicatif<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>L&#8217;une des questions fondamentales en philosophie concerne la relation entre le corps et l&#8217;esprit, et plus sp\u00e9cifiquement, la relation du corps au cerveau. Cette question est connue sous l&#8217;expression <em>probl\u00e8me corps-esprit<\/em>, c&#8217;est-\u00e0-dire le probl\u00e8me de la d\u00e9termination des relations entre le corps humain et l&#8217;esprit. Cette probl\u00e9matique qui remonte certainement \u00e0 la philosophie classique (Platon, <em>Ph\u00e9don<\/em>, ~ 383 av. J.-C.) a \u00e9t\u00e9 remise de l&#8217;avant par Ren\u00e9 Descartes dans ses <em>M\u00e9ditations sur la premi\u00e8re philosophie<\/em><a href=\"#_ftn112\" name=\"_ftnref112\">[112]<\/a>. Devant ce probl\u00e8me, Descartes adopte une vision dualiste selon laquelle le corps et l&#8217;esprit sont deux entit\u00e9s relevant de mondes fondamentalement diff\u00e9rents: alors que le corps est une entit\u00e9 mat\u00e9rielle existant dans l&#8217;espace, l&#8217;esprit est une substance immat\u00e9rielle qui manque totalement d&#8217;extension spatiale. En opposition aux dualistes, les mat\u00e9rialistes soutiennent que tout ce qui existe est fait de mati\u00e8re. Le point de vue des mat\u00e9rialistes a \u00e9t\u00e9 repris, au 20e si\u00e8cle, par la philosophie physicaliste qui soutient \u00e0 son tour que toutes les choses qui existent &#8211; les choses elles-m\u00eames et leurs propri\u00e9t\u00e9s &#8211; doivent \u00eatre fondamentalement physiques.<\/p>\n<p>Les probl\u00e9matiques de la philosophie de l&#8217;esprit interpellent les probl\u00e8mes reli\u00e9s \u00e0 la conscience humaine. \u00c0 ce sujet, David Chalmers (1996)<a href=\"#_ftn113\" name=\"_ftnref113\">[113]<\/a> est bien connu pour avoir formul\u00e9 le <em>probl\u00e8me difficile de la conscience<\/em><a href=\"#_ftn114\" name=\"_ftnref114\">[114]<\/a>, qui d\u00e9signe le probl\u00e8me de rendre compte des <em>qualia<a href=\"#_ftn115\" name=\"_ftnref115\"><strong>[115]<\/strong><\/a><\/em>, c&#8217;est-\u00e0-dire le probl\u00e8me de l&#8217;explication du fait que nous avons des exp\u00e9riences ph\u00e9nom\u00e9nales qualitatives.<\/p>\n<p>Notre saisie de ce qu&#8217;il en est de subir des \u00e9tats ph\u00e9nom\u00e9naux nous est donn\u00e9e par l&#8217;introspection. Force est d&#8217;admettre que nous n&#8217;avons pas une compr\u00e9hension parfaite de ce qui se passe objectivement dans notre cerveau et notre corps. Il existe, semble-t-il, un gouffre \u00e9norme entre les deux. Il est tr\u00e8s difficile de voir comment ce gouffre dans notre compr\u00e9hension peut \u00eatre franchi. Peu importe jusqu&#8217;\u00e0 quel point nous sondons la structure physique de nos neurones et les transactions chimiques qui sont d\u00e9clench\u00e9es quand ils sont excit\u00e9s, et peu importe le niveau d&#8217;information objective que nous finissons par acqu\u00e9rir, nous semblons demeurer encore avec quelque chose que nous ne pouvons expliquer, notamment, comment et pourquoi tel et tel changement physique objectif, quel qu&#8217;il soit, engendre telle et telle impression subjective, ou une quelconque sensation subjective. C&#8217;est le c\u00e9l\u00e8bre foss\u00e9 explicatif<a href=\"#_ftn116\" name=\"_ftnref116\">[116]<\/a> (&#8220;explanatory gap&#8221;) de Levine (1983<a href=\"#_ftn117\" name=\"_ftnref117\">[117]<\/a>; 2000<a href=\"#_ftn118\" name=\"_ftnref118\">[118]<\/a>). Confront\u00e9s avec cette lacune explicative apparente entre les processus physiques et la conscience, les philosophes ont r\u00e9agi de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons. Certains disent que ce foss\u00e9 explicatif est infranchissable et que la conclusion \u00e0 tirer de cette situation est qu&#8217;il existe un foss\u00e9 similaire dans l&#8217;univers. D&#8217;autres prennent la m\u00eame position en insistant sur le fait que ce foss\u00e9 ne doit pas nous d\u00e9tourner d&#8217;un point de vue purement physique de nos exp\u00e9riences et de nos sensations. Ce que cela nous montre plut\u00f4t c&#8217;est que certaines qualit\u00e9s ou \u00e9tats physiques sont des entit\u00e9s irr\u00e9ductiblement subjectives, selon Searle (1992)<a href=\"#_ftn119\" name=\"_ftnref119\">[119]<\/a>. Les exp\u00e9riences et les sensations ont des qualit\u00e9s irr\u00e9ductiblement non physiques, soutient Chalmers (1996<a href=\"#_ftn120\" name=\"_ftnref120\">[120]<\/a>; 2006<a href=\"#_ftn121\" name=\"_ftnref121\">[121]<\/a>). D&#8217;autres encore maintiennent que ce foss\u00e9 explicatif pourra un jour \u00eatre franchi, mais qu&#8217;il nous manque toujours les concepts pour relier ensemble ces perspectives subjectives et objectives. Dans cette optique, il peut s&#8217;av\u00e9rer que les qualia sont physiques, mais nous n&#8217;avons pas encore une conception claire de comment elles pourraient l&#8217;\u00eatre<\/p>\n<p>(Nagel 1974)<a href=\"#_ftn122\" name=\"_ftnref122\">[122]<\/a>. Selon Nagel (1998)<a href=\"#_ftn123\" name=\"_ftnref123\">[123]<\/a>, nous ne poss\u00e9dons pas en ce moment l&#8217;appareil conceptuel n\u00e9cessaire pour seulement commencer \u00e0 comprendre comment le physicalisme pourrait \u00eatre vrai. Pour arriver \u00e0 comprendre le <em>probl\u00e8me difficile de la conscience<\/em>, le physicalisme devrait entrependre une r\u00e9vision radicale de l&#8217;ensemble de son appareil conceptuel, une r\u00e9volution conceptuelle tellement radicale qu&#8217;il n&#8217;est pas m\u00eame possible de commencer \u00e0 concevoir ce que pourraient \u00eatre les concepts r\u00e9sultants. Une vision pessimiste partag\u00e9e par McGinn (1989<a href=\"#_ftn124\" name=\"_ftnref124\">[124]<\/a>; 1991<a href=\"#_ftn125\" name=\"_ftnref125\">[125]<\/a>), qui soutient qu&#8217;avec les concepts que nous avons et ceux que nous sommes capables de former, nous sommes cognitivement loin d&#8217;une explication compl\u00e8te et explicative de ce foss\u00e9 par la nature m\u00eame de nos cerveaux. D&#8217;autres insistent cat\u00e9goriquement pour dire que le foss\u00e9 explicatif est, en principe, franchissable, mais non par nous ni par aucune cr\u00e9ature nous ressemblant (Tye, 2009).<\/p>\n<p>Or, pr\u00e9cis\u00e9ment, Clarke (2004) croit apporter un ingr\u00e9dient suppl\u00e9mentaire (&#8220;<em>extra ingredient<\/em>&#8220;, Chalmers, 1995:207)<a href=\"#_ftn126\" name=\"_ftnref126\">[126]<\/a> \u00e0 une explication possible au probl\u00e8me difficile de la conscience, en soutenant que l&#8217;enchev\u00eatrement quantique est un aspect essentiel de notre conscience perceptuelle. La conscience elle-m\u00eame surgirait d&#8217;une certaine mani\u00e8re de syst\u00e8mes enchev\u00eatr\u00e9s. Si les aspects qualitatifs de la perception (les <em>qualia<\/em>) sont produits par un enchev\u00eatrement quantique entre des \u00e9tats du cerveau et des \u00e9tats des objets per\u00e7us, par cons\u00e9quent, les supports du si\u00e8ge de la conscience ne se trouvent pas uniquement dans le cerveau, mais dans la totalit\u00e9 de l&#8217;espace perceptuel (Clarke, 2002:177)<a href=\"#_ftn127\" name=\"_ftnref127\">[127]<\/a>. Cette approche <em>quantique<\/em> pourrait permettre de r\u00e9soudre d&#8217;une mani\u00e8re inattendue l&#8217;\u00e9nigme, le foss\u00e9 explicatif de la conscience perceptuelle en \u00e9pist\u00e9mologie et philosophie des sciences (Levine, op. cit.), et en psychologie cognitive (Baars, 1988)<a href=\"#_ftn128\" name=\"_ftnref128\">[128]<\/a>.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il existe de nombreuses th\u00e9ories explicatives de la conscience s&#8217;inspirant de la physique quantique. Certaines sont sp\u00e9culatives et ne font r\u00e9f\u00e9rence aux formidables propri\u00e9t\u00e9s quantiques que de mani\u00e8re m\u00e9thaphorique. Ce sont celles g\u00e9n\u00e9ralement promues par la parapsychologie (p. ex. Clarke; Jahn; Radin; Sheldrake; voir aussi Walker, 1974<a href=\"#_ftn129\" name=\"_ftnref129\">[129]<\/a>; etc.). D&#8217;autres, cependant, soutenues par la physique et la neurobiologie, utilisent la th\u00e9orie quantique pour mod\u00e9liser concr\u00e8tement des m\u00e9canismes physiologiques et psychologiques associ\u00e9s \u00e0 la conscience (p. ex. Beck &amp; Eccles, 1992<a href=\"#_ftn130\" name=\"_ftnref130\">[130]<\/a>; Hameroff &amp; Penrose, 1996<a href=\"#_ftn131\" name=\"_ftnref131\">[131]<\/a>; Stapp, 1993<a href=\"#_ftn132\" name=\"_ftnref132\">[132]<\/a>; etc.; pour un aper\u00e7u plus g\u00e9n\u00e9ral, voir Atmanspacher, 2011<a href=\"#_ftn133\" name=\"_ftnref133\">[133]<\/a>).<\/p>\n<p>Ils sont nombreux les chercheurs, de toute all\u00e9geance acad\u00e9mique ou para-acad\u00e9mique, \u00e0 vouloir expliquer les probl\u00e8mes, sans doute purement m\u00e9taphysiques, que posent les relations entre le corps et l&#8217;esprit, entre le cerveau et la mati\u00e8re, entre la conscience et l&#8217;inconscient, entre les sensations et les \u00e9motions partag\u00e9es. \u00c0 terme, <em>le probl\u00e8me difficile de la conscience<\/em> risque de demeurer une question philosophique non r\u00e9solue, pour encore longtemps.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Les liens difficilement saisissables qui existent entre le corps, l&#8217;esprit et le cerveau humain, les probl\u00e9matiques de la conscience et ses diverses manifestations, la (para-)psychologie de nos sensations et de nos \u00e9motions, sont des sujets qui ne trouvent pas habituellement leur place dans un ouvrage sur la communication humaine. Cependant, j&#8217;ai estim\u00e9 que leur examen, m\u00eame superficiel, valait le d\u00e9tour dans l&#8217;optique o\u00f9 l&#8217;extr\u00eame densit\u00e9 et la forte proximit\u00e9, \u00e0 tout le moins virtuelle, qu&#8217;ont prises nos relations inter-individuelles gr\u00e2ce \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nale <em>connectivit\u00e9<\/em> dont nous jouissons actuellement, confortent l&#8217;id\u00e9e maintes fois avanc\u00e9e par plusieurs de l&#8217;existence d&#8217;un cerveau plan\u00e9taire.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, il me semblait justifi\u00e9 que soit explor\u00e9e d&#8217;abord, sur un plan individuel, la difficile question du mode de communication que nous entretenons avec nos divers niveaux de conscience enchev\u00eatr\u00e9s, avant d&#8217;essayer maintenant d&#8217;envisager la question non moins difficile, et certes tr\u00e8s sp\u00e9culative de la communication entre plusieurs cerveaux non reli\u00e9s physiquement. C&#8217;est ce que je m&#8217;efforcerai d&#8217;\u00e9tablir aux chapitres suivants.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Robert_L._Forward\">http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Robert_L._Forward<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Davis, E. W. 2004. \u00a0 Teleportation Physics Study. Special Technical Report, Air Force Research Laboratory (AFRL)\/Space and Missile Propulsion Division, Propellant Branch (PRSP), Edwards AFB, CA.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Sont exclus ici les contr\u00f4les \u00e0 distance Homme-Machine par des moyens psychiques.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Mitchell, E. D. 1974. Psychic Exploration: A Challenge for Science. New York: Putnam&#8217;s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Targ, R. &amp; H. E. Puthoff. 1977. \u00a0 Mind-Reach: Scientists Look at Psychic Ability. London: Anchor Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Nash, C. B. 1978. Science of PSI: ESP and PK. Springfield, Ill.: C. C. Thomas Publ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Targ, R. 1996. Remote Viewing at Stanford Research Institute in the 1970s: A Memoir. Journal of Scientific Exploration, 10,1:77-88.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Radin, D. 1997. The Conscious Universe: The Scientific Truth of Psychic Phenomena. New York: HarperCollins Publ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Tart, C. T., H. E. Puthoff &amp; R. Tart (eds.). 2002. Mind at Large: Institute of Electrical and Electronics Engineers Symposia on the Nature of Extrasensory Perception. Charlottesville, VA.: Hampton Roads Publ. Co.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Lightman, A. &amp; O. Gingerich. 1992. When do anomalies begin? Science, 255,5045:690-695.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Durand, S. 1998. \u00a0 T\u00e9l\u00e9portation: c&#8217;est parti! Qu\u00e9bec Science, octobre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.crm.umontreal.ca\/~durand\/teleportation.html\">http:\/\/www.crm.umontreal.ca\/~durand\/teleportation.html<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Bennett, Ch. H., G. Brassard, C. Cr\u00e9peau, R. Jozsa, A. Peres &amp; W. K. Wootters. 1993. \u00a0 Teleporting an Unknown Quantum State via Dual Classical and Einstein-Podolsky-Rosen Channels. Physical Review Letters, 70:1895-99.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Particule \u00e9l\u00e9mentaire, de masse et de charge nulle, le photon est l\u2019aspect corpusculaire de la lumi\u00e8re. (cnrs.fr)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> On utilise aussi le terme &#8220;intrication&#8221; dans les textes scientifiques en fran\u00e7ais. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le physicien fran\u00e7ais Alain Aspect qui, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, r\u00e9alise la premi\u00e8re exp\u00e9rience r\u00e9futant les <em>in\u00e9galit\u00e9s de Bell<\/em> dans le cadre de la physique quantique, validant ainsi le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&#8217;intrication quantique, et apportant une r\u00e9ponse exp\u00e9rimentale au <em>paradoxe EPR<\/em>, propos\u00e9 une cinquantaine d&#8217;ann\u00e9es plus t\u00f4t par Einstein, Podolsky et Rosen (EPR). Cf.: &#8220;L&#8217;\u00e9trange exp\u00e9rience de la non-s\u00e9parabilit\u00e9&#8221;, Science &amp; Vie (1981), 766:14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> C&#8217;est Erwin Schr\u00f6dinger qui a mis en rapport la premi\u00e8re fois ce concept (\u00abVerschr\u00e4nkung\u00bb) avec le formalisme quantique: Schr\u00f6dinger, E. <strong>1935<\/strong>. Die gegenw\u00e4rtige Situation in der Quantenmechanik. Die Naturwissenschaften 23:807-812, 823-828, 844-849; <strong>1935<\/strong>. \u00a0 Discussion of Probability Relations Between Separated Systems. Proceedings of the Cambridge Philosophical Society, 31,4:555-662; <strong>1936<\/strong>. Probability Relations Between Separated Systems. Proceedings of the Cambridge Philosophical Society, 32,3:446-452.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Heisenberg, W. 1927. \u00a0 Ueber den anschaulichen Inhalt der quantentheoretischen Kinematik and Mechanik. Zeitschrift f\u00fcr Physik, 43:172-198. Traduction anglaise dans Wheeler, J. A. &amp; W. H. Zurek (eds.). \u00a0 1983. <em>Quantum Theory and Measurement<\/em>. Princeton (NJ): Princeton University Press, pp. 62-84.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Voir notamment: Vaidman, L. 1994. \u00a0 Teleportation of quantum states. Physical Review A, 49: 1473-1476; Kwiat, P. G., K. Mattle, H. Weinfurter, A. Zeilinger, A. V. Sergienko &amp; Y. Shih. 1995. \u00a0 New high-intensity source of polarization-entangled photon pairs. Physical Review Letters, 75,24:4337-4341; Braunstein, S. L. &amp; H. J. Kimble. 1998. Teleportation of continuous quantum variables. Physical Review Letters, 80,4:869-872; Vaidman, L. &amp; N. Yoran. 1999. Methods for reliable transportation. Physical Review A., 59,1:116-125 ; Kwiat, P. G., E. Waks, A. G. White, I. Appelbaum &amp; P. H. Eberhard. 1999. \u00a0 Ultrabright source of polarization-entangled photons. Physical Review A., 60,2:R773-R776; Bouwmeester, D. <em>et al.<\/em> 1997. Experimental quantum teleportation. Nature 390: 575-579; Zeilinger, A. 2000. Quantum Teleportation. Scientific American, 282,4:50-59; Ma, X. <em>et al.<\/em> 2002. \u00a0 Experimental quantum teleportation over a high-loss free-space channel. Optics Express, 20,21:23126-23137. Voir aussi les Archives de la Cornell University Library: <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/find\/all\/1\/all:+teleportation\/0\/1\/0\/all\/0\/1\">https:\/\/arxiv.org\/find\/all\/1\/all:+teleportation<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Kimble, H. J. 2008. The quantum internet. Nature 453,7198:1023\u20131030.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Ladd, T. D. <em>et al.<\/em> \u00a0 2010. Quantum computers. Nature, 464,7285:45-53.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Bennett, C. H., G. Brassard &amp; A. K. Ekert. 1992. Quantum Cryptography. Scientific American, 267,44:50\u201357.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Marcikic, I. <em>et al.<\/em> 2003. Long-distance teleportation of qubits at telecommunication wavelengths. Nature, 421,6922:509-513.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Ursin, R. <em>et al.<\/em> 2004. Quantum teleportation across the Danube. Nature 430,7002:849.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Jin, X.-M. <em>et al.<\/em> 2010. Experimental free-space quantum teleportation. Nature Photonics, 4,6:376-381.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Yin, J. <em>et al.<\/em> 2012. Teleporting independent qubits through a 97 km free-space channel. <a href=\"http:\/\/arxiv.org\/abs\/1205.2024\">http:\/\/arxiv.org\/abs\/1205.2024<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Ma, X. <em>et al.<\/em> 2012. Quantum teleportation using active feed-forward between two Canary Islands. Nature, 489,7415:269-273.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Nature 549:43-47 (07 sept. 2017): <a href=\"http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v549\/n7670\/full\/nature23655.html#tables\">http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v549\/n7670<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Science 356,6343:1140-1144: <a href=\"http:\/\/science.sciencemag.org\/content\/356\/6343\/1140\">http:\/\/science.sciencemag.org\/content\/356\/6343\/1140<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Aspelmeyer, M.<em> et al.<\/em> 2003. Long-distance quantum communication with entangled photons using sattelites. IEEE Journal of Selected Topics in Quantum Electronics, 9,6:1541-1551.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Nielsen, M. &amp; I. Chuang. 2000. \u00a0 Quantum Computation and Quantum Information. Cambridge Univ. Press;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Gisin, N. &amp; R. Thew. 2007. Quantum Communication. Nature Photonics, 1,3:165-171.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Voir \u00e0 cet effet, parmi beaucoup d&#8217;autres, les sites suivants: Quantum Computation Roadmap (<a href=\"http:\/\/qist.lanl.gov\/qcomp_map.shtml\">http:\/\/qist.lanl.gov\/qcomp_map.shtml<\/a>); SCALA Integrated Project (<a href=\"http:\/\/scala-ip.org\/public\/index.php\">http:\/\/scala-ip.org\/public\/index.php<\/a>); Qubit Applications (<a href=\"http:\/\/www.qubitapplications.com\/\">http:\/\/www.qubitapplications.com<\/a>), et le Joint Quantum Institute (<a href=\"http:\/\/jqi.umd.edu\/\">http:\/\/jqi.umd.edu\/<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a>Radin, D. \u00a0 2006. Entangled Minds: Extrasensory Experiences in a Quantum Reality. New York: Paraview Pocket Books.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Comme ses ouvrages ont \u00e9t\u00e9 largement publi\u00e9s dans plusieurs langues, Radin a recueilli de nombreux appuis dans le monde entier aupr\u00e8s d&#8217;amateurs de ph\u00e9nom\u00e8nes &#8216;psi&#8217;, mais, sans surprise, aucun venant de physicien en m\u00e9canique quantique. Il a par ailleurs re\u00e7u de tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res critiques n\u00e9gatives de la part de scientifiques sceptiques; voir p. ex.: R. T. Carroll, <a href=\"http:\/\/www.skepdic.com\/refuge\/entangledreview.html\">http:\/\/www.skepdic.com\/refuge\/entangledreview.html<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> <a href=\"http:\/\/noosphere.princeton.edu\/index.html\">http:\/\/noosphere.princeton.edu\/index.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Princeton_Engineering_Anomalies_Research_Lab#cite_ref-pmid16822164_5-1\">http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Princeton_Engineering_Anomalies_Research_Lab &#8211; cite_ref-pmid16822164_5-1<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> Voir entre autres: Jahn, R. G. 1986. On the Quantum Mechanics of Consciousness, with Application to Anomalous Phenomena. Foundations of Physics, 16,8:721-772; Jahn, R. G. &amp; B. J. Dunne. \u00a0 2005. The PEAR proposition. Journal of Scientific Exploration, 19,2:195-245.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> \u00abRNG: Random Number Generator\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> Jahn, R. G., Dunne, B. J., Nelson, R.D., Dobyns, Y. H. &amp; G. J. Bradish. \u00a0 1997. Correlations of random binary sequences with pre-stated operator intention: a review of 12-year program. Journal of Scientific Exploration, 11:345-367.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> Nelson, R. D., Bradish, G. J., Dobyns, Y. H., Dunne, B. J. &amp; R. G. Jahn. \u00a0 1996. FieldREG anomalies in group situations. Journal of Scientific Exploration, 10:111-141.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> Nelson, R. D., Jahn, R.G., Dunne, B. J., Dobyns, Y. H. &amp; G. J. Bradish. \u00a0 1998. FieldREG II: conciousness field effects: replications and explorations. Journal of Scientific Exploration, 12:425-454.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> Nelson, R. D. 2009. \u00a0 Is the Global Mind real? Edgescience, 1:6-9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> \u00abglobal consciousness\u00bb dans le texte.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> Nelson, R. D. 2002. Coherent Consciousness and Reduced Randomness: Correlations on September 11, 2001. Journal of Scientific Exploration, 16,4:549-570.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> Nelson, R. D., D. I. Radin, R. Shoup &amp; P. A. Bancel. 2002. Correlations of continuous random data with major world events. Foundations of Physics Letters, 15,6:537-550.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> Scargle, J. D. 2002. Was There Evidence of Global Consciousness on September 11, 2001? Journal of Scientific Exploration, 16,4:571-577.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> May, E. C. &amp; J. P. Spottiswoode. (s.d.,s.l.). Global Consciousness Project: An independent analysis of the 11 September 2001 Events. <a href=\"http:\/\/noosphere.princeton.edu\/papers\/Sep1101.pdf\">http:\/\/noosphere.princeton.edu\/papers\/Sep1101.pdf<\/a> .<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> Op. cit.: Nelson, R. D. 2009. Is the Global Mind real? Edgescience, 1:6-9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> Hatfield, E., J. T. Cacioppo &amp; R. L. Rapson. 1994. \u00a0 Emotional Contagion. Studies in Emotion &amp; Social Interaction. Cambridge University Press &amp; \u00c9ditions de la Maison des Sciences de l&#8217;Homme.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> Pacherie, \u00c9. 2004. L&#8217;empathie et ses degr\u00e9s. In: Berthoz, A. &amp; G. Jorland (dirs), 149-181, L&#8217;empathie. Paris: Odile Jacob.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> Lipps, T. 1903. \u00a0 Einf\u00fchlung, innere Nachahmung und Organempfindung. Archiv f\u00fcr die gesamte Psychologie, 1:465-519.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> Hatfield, E., J. T. Cacioppo &amp; R. L. Rapson. 1992. Primitive Emotional Contagion. In: Clark, M. S. (ed.), 151-177, Review of Personality and Social Psychology: Vol. 14. Emotions and Social Behavior. London: Sage.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> Ma traduction.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> Le Bon, G. 1896. \u00a0 The crowd: A Study of the Popular Mind. London: Ernest Benn, Ltd.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> Brothers, L. 1989. \u00a0 A biological perspective on empathy. American Journal of Psychiatry, 146,1:10-19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> Eisemberg, N. &amp; J. Strayer. 1987. Empathy and its development. New york: Cambridge University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> Zahn-Waxler, C. &amp; M. Radke-Yarrow. 1990. The origins of empathy concerns. Motivation and Emotion, 14,2:107-130.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> Sullivan, H. S. 1947. \u00a0 Conceptions of modern psychiatry. Washington, DC: White Foundation.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> Tseng, W.-S. &amp; J. Hsu. 1980. \u00a0 Minor psychological disturbances of everyday life. In H. C. Triandis &amp; J. D. Draguns (Eds.), 61-97. Handbook of cross-cultural psychology: Vol. 6. Psychopathology. Boston: Allyn &amp; Bacon.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a> Rapport\u00e9 par Hatfield <em>&amp; al<\/em>. (1994:106), op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> Ma traduction.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> Hatfield <em>&amp; al<\/em>. (1994:106-107), op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> McCague, J. 1968. \u00a0 The second rebellion: The story of New York City draft riots of 1863. New York: Dial Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> Wells, H. G. 1900. \u00a0 La Guerre des Mondes. Traduction de H.-D. Davry. Paris: Soci\u00e9t\u00e9 du Mercure de France.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> Festinger, L. 1954. A Theory of Social Comparison Processes. Human relations, 7,2:117-140.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> Schoenewolf, G. 1990. \u00a0 Emotional Contagion: Behavioral Induction in Individuals and Groups. Modern Psychoanalysis, 15:49-61.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 2000. Telepathic Telephone Calls: Two surveys. Journal of the Society for Physical Research, 64:224-232.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 2003. The Sense of Being Stared at, and Other Aspects of the Extended Mind. London: Hutchinson.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> Brown, D. &amp; R. Sheldrake, 2001. \u00a0 The anticipation of telephone calls: A survey in California. Journal of Parapsychology, 65,2:145-156.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a> Sheldrake, R. &amp; P. Smart. 2003a. \u00a0 Videotaped eperiments on telephone telepathy. Journal of Parapsychology, 67,1:187-206.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a> Sheldrake, R. &amp; P. Smart. 2003b. \u00a0 Experimental tests for telephone telepathy. Journal of the Society for Physical Research, 67:184-199.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a> Op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a> Sheldrake, R., Godwin, H. &amp; S. Rockell. 2004. A filmed experiment on telephone telepathy with the Nolan Sisters. Journal of the Society for Physical Research, 68:168-172.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a> Sheldrake, R. &amp; P. Smart. 2005. \u00a0 Testing for Telepathy with Connections with E-mails. Perceptual and Motor Skills, 101:771-786.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a> Sheldrake, R. &amp; L. Avraamides. \u00a0 2009. An Automated Test for Telepathy in Connection with Emails. Journal of Scientific Exploration<em>, <\/em>23,1:29\u201336.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a> Alcock, J. E. \u00a0 2003. Give the Null Hypothesis a Chance. Reasons to Remain Doubtful about the Existence of Psi. In Alcock, J., J. Burns &amp; A. Freeman (eds.), Psi Wars: Getting to Grips with Paranormal. Special Double Issue of Journal of Consciousness Studies, 10,6-7:29-50.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a> Burns, J. E. 2003. \u00a0 What is Beyond the Edge of the Known World. In Alcock, J., J. Burns &amp; A. Freeman (eds.), Psi Wars: Getting to Grips with Paranormal. Special Double Issue of Journal of Consciousness Studies, 10,6-7:7-28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.sheldrake.org\/research\">https:\/\/www.sheldrake.org\/research<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a> Coon, D. J. 1992. \u00a0 Testing the Limits of Sense and Science. American Experimental Psychologists Combat Spiritualism, 1880-1920. American Psychologist, 47,2:143-151.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a> Stevenson, I. \u00a0 1999. What are the Irreductible Components of the Scientific Enterprise? Journal of Scientific Exploration, 13, 257-270.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a> Jahn, R. G. &amp; B. J. Dunne. 1997. \u00a0 Science of the Subjective. Journal of Scientific Exploration, 11,2:201-224.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref82\" name=\"_ftn82\">[82]<\/a> Mousseau, M.-C. 2003. \u00a0 Parapsychology: Science or Pseudo-Science? Journal of Scientific Exploration, 17,2:271-282.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref83\" name=\"_ftn83\">[83]<\/a> Alcock, J. E. 1991. Parapsychologie: science ou magie? Paris: Flammarion.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref84\" name=\"_ftn84\">[84]<\/a> Tart, C. \u00a0 2002. Parapsychology and Transpersonal Psychology: &#8220;Anomalies&#8221; to be explained away or spirit to manifest? The Journal of Parapsychology, 66:31-47.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref85\" name=\"_ftn85\">[85]<\/a> Hansen, G. P. \u00a0 1990. Deception by Subjects in Psi Research. The Journal of the American Society for Psychical Research, 84:25-80.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref86\" name=\"_ftn86\">[86]<\/a> Hansel, C.E.M. 1966. \u00a0 ESP: A Scientific Evaluation: Telepathy, Clairvoyance, Precognition, Psychokinesis. New York: Scribner&#8217;s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref87\" name=\"_ftn87\">[87]<\/a> Carpenter, R. H. S. 2005. \u00a0 Does Scopesthesia imply Extramission? Journal of Consciousness Study, 12,6:76-78.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref88\" name=\"_ftn88\">[88]<\/a> Braud, W, D. Shafer &amp; S. Andrews. 1990. Electrodermal correlates of remote attention: Autonomic reactions to an unseen gaze. Proceedings of Presented Papers, Parapsychology Association 33rd Annual Convention<em>, <\/em>Chevy Chase, MD, 14\u201328.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref89\" name=\"_ftn89\">[89]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 1994. Seven Experiments that Could Change the World. London: Fourth Estate.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 2005a. The Sense of Being Stared At. Part I: Is it Real or Illusory? Journal of Consciousness Study, 12,6:10-31.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a> Radin, D. I. 1997. The Conscious Universe: The Scientific Truth of Psychic Phenomena. San Francisco: Harper Edge.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a> Titchener, E. B. 1898. \u00a0 The &#8216;Feeling of Being Stared at&#8217;. Science, New Series, 8,208:895-897.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 2003. The Sense of Being Stared At, And Other Aspects of the Extended Mind. London: Hutchinson.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a> Cottrell, J. E., G. A. Winer &amp; M. C. Smith. 1996. Beliefs of children and adults about feeling stares of unseen others. Developmental Psychology<em>, <\/em>32<strong>,<\/strong>1:50\u201361.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> Premack, D. &amp; B. Woodruff. 1978. \u00a0 Does the chimpanzee have a &#8220;theory of mind&#8221;? Behavioral and Brain Sciences, 4:515-526.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a> Sheldrake, R. \u00a0 2005b. The Sense of Being Stared At. Part 2: Its Implications for the Theories of vision. Journal of Consciousness Study, 12,6:32-49.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a> Sheldrake (2005a), op. cit., a recens\u00e9 et r\u00e9sum\u00e9, outre les siennes, toutes les investigations effectu\u00e9es sur ce sujet. Voir aussi: Colwell, J., S. Schr\u00f6der &amp; D. Sladen. 2000. \u00a0 The ability to detect unseen staring: A literature review and empirical tests. British Journal of Psychology, 91:71-85.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a> Tous les publications de Sheldrake sont disponibles pour t\u00e9l\u00e9chargement sur son site web: <a href=\"https:\/\/www.sheldrake.org\/\">https:\/\/www.sheldrake.org\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a> Voir la section <em>Open Peer Commentary on &#8216;The Sense of Being Stared At&#8217; Parts 1 &amp; 2<\/em>, du num\u00e9ro sp\u00e9cial <em>Sheldrake and his critics: The Sense of Being Glared [sic] At<\/em>, Journal of Consciousness Studies, 2005, 12,6-7:50-116; et en particulier Atkinson, A. P. Staring at the Back of Someone&#8217;s Head Is No Signal, And a Sense Of Being Stared At Is No Sense, 50-56.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a> Voir les r\u00e9f\u00e9rences dans les notes pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> Sheldrake, R. 1988. \u00a0 The Presence of the Past: Morphic Resonance and the Habits of Nature. London: Collins.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a> Sheldrake, R. 2003. \u00a0 The Sense of Being Stared At, And Other Aspects of the Extended Mind. London: Hutchinson).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref103\" name=\"_ftn103\">[103]<\/a> Op. cit.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref104\" name=\"_ftn104\">[104]<\/a> Jahn, R. G. &amp; B. J. Dunne. 1986. \u00a0 On the Quantum Mechanics of Consciousness, with Application to Anomalous Phenomena. Foudantions of Physics, 16,8:721-772.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref105\" name=\"_ftn105\">[105]<\/a> Clarke, C. \u00a0 2004. 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Reid &amp; K. C. Norris. 2013. Physically disconnected non-diffusible cell-to-cell communication between neuroblastoma SH-SY5Y and DRG primary sensory neurons. American Journal of Translational Research, 5,1:69-79.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref111\" name=\"_ftn111\">[111]<\/a> <a href=\"http:\/\/ajtr.org\/1210003A.html\">http:\/\/ajtr.org\/1210003A.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref112\" name=\"_ftn112\">[112]<\/a> Des-Cartes, R. 1641. Meditationes de Prima Philosophia, in Qua Dei Existentia et Anim\u00e6 Immotatalitas demonstratvr. Paris.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref113\" name=\"_ftn113\">[113]<\/a> Chalmers, D. 1996. \u00a0 The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory. Oxford: Oxford University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref114\" name=\"_ftn114\">[114]<\/a> \u00ab <em>Hard Problem of Consciousness<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref115\" name=\"_ftn115\">[115]<\/a> Tye, M. 2009. \u00a0 Qualia. 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Cambridge, Mass: The MIT Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref120\" name=\"_ftn120\">[120]<\/a> Chalmers, D. 1996. \u00a0 The Conscious Mind. Oxford: Oxford University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref121\" name=\"_ftn121\">[121]<\/a> Chalmers, D. 2006. \u00a0 Phenomenal Conceps and the Explanatory Gap. In: Alter, T. &amp; S. Walter (eds.), 167-194, Phenomenal Concepts and Phenomenal Knowledge: New Essays on Consciousness and Physicalism. Oxford: Oxford University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref122\" name=\"_ftn122\">[122]<\/a> Nagel, T. 1974. \u00a0 What is it like to be a Bat? The Philosophical Review, 83,4:435-450.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref123\" name=\"_ftn123\">[123]<\/a> Nagel, T. 1998. \u00a0 Conceiving the Impossible and the Mind-Body Problem. Philosophy 73,3:337-352.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref124\" name=\"_ftn124\">[124]<\/a> McGinn, C. 1989. \u00a0 Can We Solve the Mind-Body Problem? <em>Mind<\/em> 98: 349-366.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref125\" name=\"_ftn125\">[125]<\/a> McGinn, C. 1991. \u00a0 The Problem of Consciousness: Essays towards a Resolution. Blackwell.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref126\" name=\"_ftn126\">[126]<\/a> Chalmers, D. \u00a0 1995. Facing up the problem of Consciousness. Journal of Consciousness Studies, 2,3:200-219.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref127\" name=\"_ftn127\">[127]<\/a> Clarke, C. 2002. \u00a0 Living in Connection: Theory and Practice of the New World-View. Warminster: Creation Spirituality Books.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref128\" name=\"_ftn128\">[128]<\/a> Baars, B. 1988. \u00a0 A cognitive theory of consciousness. Cambridge: Cambridge University Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref129\" name=\"_ftn129\">[129]<\/a> Walker, E. H. 1974. \u00a0 Consciousness and Quantum Theory. In White, J. (ed.), 544-568, Psychic Exploration. New York: Putman&#8217;s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref130\" name=\"_ftn130\">[130]<\/a> Beck, F. &amp; J. Eccles. 1992. \u00a0 Quantum aspects of brain activity and the role of consciousness. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, 89:11357-11361.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref131\" name=\"_ftn131\">[131]<\/a> Hameroff, S. R. &amp; R. Penrose. 1996. \u00a0 Conscious events as orchestrated spacetime selections. Journal of Consciousness Studies, 3,1:36-53.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref132\" name=\"_ftn132\">[132]<\/a> Stapp, H. P. 1993. \u00a0 Mind, Matter, and Quantum Mechanics. Berlin: Springer.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref133\" name=\"_ftn133\">[133]<\/a> Atmanspacher, H. 2001. \u00a0 Quantum Approaches to Consciousness. The Stanford Encyclopedia of Philosophy, <a href=\"http:\/\/plato.stanford.edu\/archives\/sum2011\/entries\/qt-consciousness\/\">http:\/\/plato.stanford.edu\/archives\/sum2011\/entries\/qt-consciousness\/<\/a> .<\/p>\n<p><\/p>\n<p><center>\n<div class=\"u-center-text\">\n\t<p>\n\t\t<a class=\"button__red button__red--solid\" href=\"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/une-evolution-probable-de-la-communication-humaine-un-documentaire\/\"  rel=\"noopener noreferrer\">Table des mati\u00e8res<\/a>\n\t<\/p>\n<\/div>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Fournier: Une \u00e9volution probable de la communication humaine. 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