{"id":313,"date":"2017-11-26T00:13:42","date_gmt":"2017-11-26T05:13:42","guid":{"rendered":"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/?page_id=313"},"modified":"2018-01-01T22:33:44","modified_gmt":"2018-01-02T03:33:44","slug":"chapitre-cinq-lhumanite-se-cephalise","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/chapitre-cinq-lhumanite-se-cephalise\/","title":{"rendered":"Chapitre cinq: L&#8217;humanit\u00e9 se c\u00e9phalise"},"content":{"rendered":"<p><strong>Robert Fournier: Une \u00e9volution probable de la communication humaine. Un documentaire. \u00a92017<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Chapitre cinq<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>L&#8217;humanit\u00e9 se c\u00e9phalise<\/em><\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8220;Suis-je mort?&#8221; lui demanda-t-il au fant\u00f4me sans prononcer un mot. Les mots n&#8217;\u00e9taient pas n\u00e9cessaires. Il n&#8217;y avait de toute fa\u00e7on plus de l\u00e8vres pour les former.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/span><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me linguistique<\/p>\n<p><\/p>\n<p>La communication entre humains nous impose de r\u00e9soudre plusieurs probl\u00e8mes de divers ordres. Il y a globalement le d\u00e9fi de v\u00e9hiculer un message qui soit coh\u00e9rent, qui tienne compte de la situation d&#8217;\u00e9nonciation, qui soit le plus pr\u00e9cis possible, et qui \u00e9vite autant que faire se peut toutes formes d&#8217;ambigu\u00eft\u00e9s. Ce message doit \u00eatre transmis d&#8217;un individu \u00e0 un autre, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;un \u00e9metteur \u00e0 un seul ou \u00e0 plusieurs r\u00e9cepteurs, et doit \u00eatre encod\u00e9 dans une forme compr\u00e9hensible \u00e0 toutes les parties mises en relation.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>Un arbre<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Devant une assembl\u00e9e attentive d&#8217;\u00e9tudiants de tous horizons culturels et linguistiques inscrits \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 \u00e0 un cours d&#8217;introduction au fonctionnement du langage, donn\u00e9 en fran\u00e7ais, l&#8217;instructeur lance la phrase suivante, avec un fort accent d&#8217;insistance sur l&#8217;adjectif:<\/p>\n<p><\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab Il y a un arbre <em>magnifique<\/em> dans mon jardin. \u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p><\/p>\n<p>R\u00e9troaction spontan\u00e9e de quelques \u00e9tudiants:<\/p>\n<p><\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab O misy\u00e9, ou go\u0303<sup>w<\/sup> <em>manyifik<\/em> pye-bwa nan \u0292ad\u1ebd-ou-a ! \u00bb<\/li>\n<li>\u00ab Oh signore, c&#8217;\u00e8 un <em>magnifico<\/em> albero nel suo giardino ! \u00bb<\/li>\n<li>\u00ab Oh Sen\u0303or, hay un <em>maravilloso<\/em> arbol en su jard\u00edn ! \u00bb<\/li>\n<li>\u00ab Oh Sir, you have a <em>wonderful<\/em> tree in your garden ! \u00bb<\/li>\n<li>etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p><\/p>\n<p>Devant cet int\u00e9r\u00eat manifeste, et peu habituel, l&#8217;instructeur demande \u00e0 toute la classe de donner une description d\u00e9taill\u00e9e, en fran\u00e7ais, de cet arbre, et aussi, d&#8217;en faire une illustration. Ravis, sauf quelques \u00e9tudiants qui n&#8217;ont rien compris comme il s&#8217;en trouve toujours, la majorit\u00e9 des \u00e9tudiants se lancent sur leur tablette \u00e9lectronique, pour entreprendre de faire un portrait \u00e9crit, et une illustration, de l&#8217;arbre \u00e9voqu\u00e9 par l&#8217;instructeur. Apr\u00e8s quelques minutes de cet exercice, l&#8217;instructeur demande \u00e0 quelques \u00e9tudiants de livrer oralement \u00e0 la classe leur description \u00e9crite, et de projeter sur le grand \u00e9cran l&#8217;illustration correspondante. Un premier \u00e9tudiant d\u00e9crit un arbre de large dimension, un tronc \u00e9norme, des branches imposantes, couvertes d&#8217;un riche feuillage vert; l&#8217;illustration donne tout lieu de croire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un ch\u00eane somptueux, comme on en trouve encore quelques-uns dans les for\u00eats canadiennes. Un second d\u00e9crit un arbre fin et plut\u00f4t \u00e9lanc\u00e9, qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un peuplier blanc. Un troisi\u00e8me d\u00e9crit un arbre de taille moyenne aux branches flexibles affichant un port retombant; son illustration montre qu&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;un saule pleureur. Et ainsi de suite, jusqu&#8217;\u00e0 ce que l&#8217;instructeur mette fin \u00e0 l&#8217;exercice, sans qu&#8217;aucun \u00e9tudiant n&#8217;ait pu d\u00e9crire ni illustrer pr\u00e9cis\u00e9ment l&#8217;arbre auquel il faisait r\u00e9f\u00e9rence. Si l&#8217;instructeur avait pu projeter un hologramme tridimensionnel au milieu de la salle, les \u00e9tudiants auraient tout de suite reconnu le magnifique bonsa\u00ef, qui tr\u00f4ne au centre du jardin de l&#8217;instructeur.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Nous avons dans cette sc\u00e8ne plusieurs des ingr\u00e9dients du probl\u00e8me linguistique que l&#8217;esprit humain doit r\u00e9soudre s&#8217;il souhaite acc\u00e9der \u00e0 un nouveau mode de communication plus performant que celui que nous avons connu depuis d\u00e9j\u00e0 plusieurs milliers d&#8217;ann\u00e9es.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Le linguiste suisse Ferdinand de Saussure a bien d\u00e9fini dans son Cours de linguistique g\u00e9n\u00e9rale (1906-1910)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> le concept de <em>signe linguistique<\/em>, concept fondamental en s\u00e9miologie et en linguistique, mais aussi en analyse litt\u00e9raire, en philosophie, et en psychanalyse lacanienne. Essentiellement, le signe linguistique se pr\u00e9sente comme une unit\u00e9 d&#8217;expression du langage. Cette unit\u00e9 relie tr\u00e8s \u00e9troitement deux faces: un concept, appel\u00e9 <em>signifi\u00e9<\/em>, et une image acoustique, appel\u00e9e <em>signifiant<\/em>. Le lien entre ces deux faces est arbitraire, dans la mesure o\u00f9 rien, en fran\u00e7ais, n&#8217;oblige \u00e0 associer le signifiant [arbr]<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> au signifi\u00e9 &#8220;arbre&#8221;; il n&#8217;existe aucun rapport interne, ni lien naturel dans la r\u00e9alit\u00e9 entre le concept &#8220;arbre&#8221; et la suite de sons [a-r-b-r], comme l&#8217;atteste la diversit\u00e9 des langues: ce concept peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 des images acoustiques bien diff\u00e9rentes selon les langues. Dans la sc\u00e8ne de l&#8217;instructeur ci-dessus, le signifi\u00e9 &#8220;arbre&#8221; est repr\u00e9sent\u00e9 en cr\u00e9ole ha\u00eftien par [pjebwa], en italien par [albero], en espagnol par [arb\u0254l], et en anglais par [tri:].<\/p>\n<p>Par ailleurs, cette relation entre le signifiant et le signifi\u00e9 dans le signe linguistique est conventionnelle, dans la mesure o\u00f9 tous les locuteurs d&#8217;une communaut\u00e9 partageant la m\u00eame langue l&#8217;acceptent et la reconnaissent dans leurs usages langagiers. Cette relation a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie historiquement dans l&#8217;\u00e9volution de chacune de ces langues, mais le signe linguistique peut \u00eatre modifi\u00e9 avec le temps. L&#8217;italien, l&#8217;espagnol, le fran\u00e7ais, et le cr\u00e9ole ha\u00eftien qui est d\u00e9riv\u00e9 plus r\u00e9cemment du fran\u00e7ais, sont toutes des langues historiquement d\u00e9riv\u00e9es du latin, qui avait [arbor] comme signifiant pour le signifi\u00e9 &#8220;arbre&#8221;. L&#8217;\u00e9volution phon\u00e9tique naturelle, dans des niches \u00e9colinguistiques diff\u00e9rentes, a donn\u00e9 des formes r\u00e9sultantes diff\u00e9rentes dans chacune de ces langues, comme mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment. Le [pjebwa] du cr\u00e9ole ha\u00eftien est le r\u00e9sultat d&#8217;une cr\u00e9ation lexicale \u00e0 partir de deux signifiants du fran\u00e7ais, [pje] <em>pied<\/em> et [bwa] <em>bois<\/em> pour repr\u00e9senter le concept &#8220;arbre&#8221;. Cette \u00e9volution n&#8217;a rien de bien particulier, si ce n&#8217;est dans la mani\u00e8re dont le fran\u00e7ais populaire a \u00e9t\u00e9 transmis par les colons fran\u00e7ais et acquis par les esclaves africains implant\u00e9s aux Antilles au cours du 17e si\u00e8cle.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Il existe une dimension externe \u00e0 cette relation entre signifiant et signifi\u00e9 dans le signe linguistique, qui est ce \u00e0 quoi r\u00e9f\u00e8re le signe linguistique dans la r\u00e9alit\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire la chose elle-m\u00eame, qu&#8217;on appellera tout simplement le <em>r\u00e9f\u00e9rent<\/em>. Dans la sc\u00e8ne \u00e9voqu\u00e9e plus haut, l&#8217;instructeur a une image mentale pr\u00e9cise de cet &#8220;arbre <em>magnifique<\/em>&#8221; (le signifi\u00e9) auquel il fait allusion (le r\u00e9f\u00e9rent), mais son unique option disponible, <em>faute de mieux<\/em>, est de transmettre ce signifi\u00e9 au moyen d&#8217;une suite lin\u00e9aire de phon\u00e8mes, et dans un ordre bien pr\u00e9cis: [a-r-b-r] (le signifiant). Le r\u00e9sultat, au-del\u00e0 du fait que le mot <em>arbre<\/em> a une valeur g\u00e9n\u00e9rique qui peut tenir pour un tr\u00e8s grand nombre d&#8217;\u00e9l\u00e9ments diff\u00e9rents appartenant \u00e0 cette cat\u00e9gorie, est que cette simple suite sonore entra\u00eene immanquablement une interpr\u00e9tation pour le moins abstraite et ambigu\u00eb pour le destinataire qui n&#8217;a aucun moyen d&#8217;avoir acc\u00e8s au r\u00e9f\u00e9rent, \u00e0 moins que lui soit pr\u00e9sent\u00e9e une photo dudit arbre, ou un hologramme. Et m\u00eame si l&#8217;instructeur avait voulu \u00eatre plus explicite, et donc moins ambigu sur la nature pr\u00e9cise de ce r\u00e9f\u00e9rent, et qu&#8217;il avait plut\u00f4t lanc\u00e9 la phrase suivante: \u00ab Il y a un bonsa\u00ef magnifique dans mon jardin. \u00bb, les \u00e9tudiants n&#8217;auraient pas \u00e9t\u00e9 davantage capables de se le repr\u00e9senter pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n<p>L&#8217;ambigu\u00eft\u00e9 est un ph\u00e9nom\u00e8ne courant dans la communication, et aucune langue ne peut garantir en \u00eatre exempte. Cette ambigu\u00eft\u00e9 est fr\u00e9quemment lexicale, m\u00eame si elle ne se limite pas \u00e0 cette seule composante du syst\u00e8me linguistique. Songeons en fran\u00e7ais, pour ne prendre que deux exemples, aux nombreux signifi\u00e9s lexicaux et morphologiques (grammaticaux) correspondant au signifiant [s\u00e3] (sang, cent, c&#8217;en, s&#8217;en, sans, sent, sens), ou au signifiant [v\u025br] (vers, ver(s), verre(s), vert(s), vair(s)), dont seule la prise en compte du contexte permet de lever l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Ainsi, dans la perspective de la conception du signe linguistique d\u00e9velopp\u00e9e par Saussure, il est ais\u00e9 d&#8217;observer que pour toutes les langues naturelles orales qu&#8217;a connues l&#8217;Humanit\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 ce jour, ce sont des cha\u00eenes de signifiants sonores, acoustiques, qui permettent de transmettre le sens, la signification (le signifi\u00e9) du monde ext\u00e9rieur (les r\u00e9f\u00e9rents), \u00e0 partir du cerveau d&#8217;un \u00e9metteur au cerveau d&#8217;un ou plusieurs r\u00e9cepteur(s). Dans les langues sign\u00e9es, les signifiants ont pour support des gestes manuels, des expressions faciales et des mouvements du corps; le r\u00e9sultat est le m\u00eame. Dans tous les cas, il s&#8217;agit de gestuel, comme nous l&#8217;avons vu au chapitre un.<\/p>\n<p>Les r\u00e9actions spontan\u00e9es des \u00e9tudiants \u00e0 la phrase de l&#8217;instructeur, exprim\u00e9es dans leur langue maternelle respective, montrent bien que la signification d&#8217;un message transmis par un \u00e9metteur dans un syst\u00e8me linguistique particulier (ici, le fran\u00e7ais) peut \u00eatre rapidement d\u00e9cod\u00e9e par des r\u00e9cepteurs qui en ont une connaissance suffisante, qui en r\u00e9troaction sont capables de retransmettre le m\u00eame message au moyen d&#8217;un support acoustique diff\u00e9rent. C&#8217;est le cas ordinaire en traduction ou en interpr\u00e9tation simultan\u00e9e.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>En communication intrapersonnelle, c&#8217;est-\u00e0-dire quand on se parle \u00e0 soi-m\u00eame, sur le mode de la r\u00e9flexion ou du dialogue int\u00e9rieur, en-dehors de toute schizophr\u00e9nie et au-del\u00e0 de toute consid\u00e9ration psychanalytique, le sch\u00e9ma classique de la communication ne tient plus: \u00e9metteur et r\u00e9cepteur ne forment qu&#8217;UN; et puisqu&#8217;ils occcupent le m\u00eame espace c\u00e9r\u00e9bral, le probl\u00e8me du canal ne se pose pas, non plus que celui du code; le message est re\u00e7u \u00e0 l&#8217;instant m\u00eame o\u00f9 il est formul\u00e9; de plus les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9f\u00e9rentiels au message sont connus, sans \u00e9quivoque ni ambigu\u00eft\u00e9. Les signifiants, faces sonores des signes linguistiques, indispensables en communication interpersonnelle, deviennent ici totalement superflus: les signifi\u00e9s circulent librement, sans support physique. Ainsi, pour l&#8217;individu multilingue, il n&#8217;y a aucune pertinence \u00e0 songer \u00e0 l&#8217;objet &#8220;arbre&#8221; au moyen des signifiants [arbr], [pye-bwa] [albero], [arb\u0254l], ou [tri:]. Il n&#8217;existe plus qu&#8217;une seule langue, celle des <em>signifi\u00e9s<\/em>, la partie mat\u00e9rielle et gestuelle, sonore-acoustique, celle des signifiants, n&#8217;existe plus.<\/p>\n<p>La m\u00eame chose peut s&#8217;observer quand nous nous engageons dans un \u00e9change avec des \u00eatres chers disparus, ou dans nos pri\u00e8res offertes \u00e0 nos anges ou \u00eatres divins.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Toute communication humaine est de fait une <em>t\u00e9l\u00e9-<\/em>communication, dans la mesure o\u00f9 on ne peut dissocier la notion de <em>distance<\/em> de l&#8217;objet m\u00eame. Les seul cas d&#8217;exception que je peux envisager est lorsque je communique avec moi-m\u00eame, en dialogue int\u00e9rieur, ou avec mes anges et mes \u00eatres chers disparus. Dans ces cas, ce sont peut-\u00eatre bien aussi des mots que j&#8217;utilise, mais qui n&#8217;ont pas besoin d&#8217;\u00eatre port\u00e9s \u00e0 distance par mes articulateurs vocaux; il s&#8217;agit en quelque sorte de signifiants abstraits \u00e0 forme phonologique vide.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>R\u00e9sumons le probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Si je dis [arbr], ce n&#8217;est pas l&#8217;objet &#8220;arbre&#8221; en soit, i.e. le r\u00e9f\u00e9rent, &#8211; qui est transmis \u00e0 partir des articulateurs de mon appareil phonatoire \u00e0 l&#8217;appareil auditif de mon r\u00e9cepteur, de l&#8217;id\u00e9e en somme d&#8217;un arbre bien pr\u00e9cis port\u00e9 par mon cerveau \u00e0 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un arbre qui est \u00e9voqu\u00e9 dans le cerveau de mon interlocuteur, &#8211; ce qui est transmis c&#8217;est l&#8217;information sonore (le signifiant) qui porte la signification (le signifi\u00e9), les deux faces indisssociables du signe linguistique.<\/p>\n<p>J&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 la m\u00eame id\u00e9e en t\u00e9l\u00e9portation quantique: ce ne sont pas les &#8220;objets&#8221; qui voyagent d&#8217;un endroit \u00e0 un autre, mais l&#8217;information qui doit servir \u00e0 reconstruire ces objets \u00e0 l&#8217;identique.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Pareillement, il n&#8217;est pas impossible de croire qu&#8217;en t\u00e9l\u00e9pathie les choses se passent autrement qu&#8217;\u00e0 la mani\u00e8re de la t\u00e9l\u00e9portation quantique.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Dans le pr\u00e9sent chapitre, je d\u00e9fends un sc\u00e9nario probable de l&#8217;\u00e9volution future de la communication humaine. Ce sc\u00e9nario entrevoit la fin utile des articulateurs vocaux comme mode physique de transmission de l&#8217;information, et son remplacement graduel par un mode de transmission de la pens\u00e9e directement de cerveau \u00e0 cerveau, sans l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;un canal physique.<\/p>\n<p>Il pouvait para\u00eetre utopique qu&#8217;un jour l&#8217;Humain d\u00e9barquerait sur la lune, au moment de la parution du roman d&#8217;anticipation de Jules Verne <em>De la Terre \u00e0 la Lune, Trajet direct en 97 heures 20 minutes<\/em>, paru en 1865. Pourtant, un peu plus de cent ans plus tard, le 21 juillet 1969, Neil Armstrong \u00e9tait le premier homme \u00e0 y poser le pied, accomplissant ainsi ce <em>petit pas pour l&#8217;homme, mais ce bond de g\u00e9ant pour l&#8217;Humanit\u00e9<\/em>, selon une formule devenue c\u00e9l\u00e8bre. Tout autant, nous sommes plusieurs, aujourd&#8217;hui, en cette 2e d\u00e9cennie du 21e si\u00e8cle, \u00e0 croire qu&#8217;un jour les humains pourront communiquer par la pens\u00e9e. Ce jour est en pr\u00e9paration depuis longtemps et son av\u00e8nement est sans doute imminent.<\/p>\n<p>Je pose l&#8217;hypoth\u00e8se que la communication de cerveau \u00e0 cerveau, commun\u00e9ment appell\u00e9e <em>t\u00e9l\u00e9pathie<\/em> pour faire plus court, a toujours exist\u00e9, sous une forme r\u00e9duite, mais qu&#8217;elle n&#8217;a \u00e9t\u00e9 que peu ou pas exploit\u00e9e par l&#8217;esp\u00e8ce humaine.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>***<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#8220;Imaginons la race humaine comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un seul individu, proposa Ibn Rushd&#8221;<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p>L&#8217;une des utopies tr\u00e8s attrayante qui circule depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, sur Internet et dans plusieurs publications pseudo-scientifiques \u00e0 succ\u00e8s est celle de l&#8217;av\u00e8nement d&#8217;un <em>cerveau mondia<\/em>l<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. C&#8217;est Peter Russell qui a forg\u00e9 le concept <em>global brain<\/em>, et qui en a d\u00e9velopp\u00e9 l&#8217;utopie, dans son livre \u00e0 succ\u00e8s <em>The Global Brain<\/em><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, paru la premi\u00e8re fois en 1982. Au coeur de cette utopie, il y a l&#8217;observation pr\u00e9liminaire que l&#8217;interconnection entre les humains qui a d\u00e9but\u00e9 avec l&#8217;\u00e9mergence du langage verbal, il y a plusieurs milliers d&#8217;ann\u00e9es, a maintenant progress\u00e9 \u00e0 un point tel que l&#8217;information peut \u00eatre transmise \u00e0 quiconque et en tous lieux \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re. Des milliards de messages vont et viennent continuellement, sur une toile de communication de plus en plus vaste, reliant ensemble des milliards de cerveaux de l&#8217;humanit\u00e9 en un seul syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Second point important de cette utopie, l&#8217;axiome suivant: nous pouvons noter que le nombre de cellules nerveuses qui composent le cerveau humain \u00e9quivaut, tr\u00e8s approximativement, au nombre de cerveaux humains existant sur la Plan\u00e8te. Il y aurait \u00e9galement plusieurs similarit\u00e9s dans la fa\u00e7on que le cerveau humain se d\u00e9veloppe et dans la fa\u00e7on que l&#8217;Humanit\u00e9 a \u00e9volu\u00e9: d\u00e9veloppement biologique d&#8217;abord, puis d\u00e9veloppement neurologique. Le cerveau humain embryonnaire est pass\u00e9 \u00e0 travers deux \u00e9tapes majeures de son d\u00e9veloppement. La premi\u00e8re \u00e9tape a \u00e9t\u00e9 une explosion massive du nombre de ses cellules nerveuses. D\u00e9butant huit semaines apr\u00e8s la conception, le nombre de neurones explose, augmentant de plusieurs millions \u00e0 chaque heure. Apr\u00e8s cinq semaines, cependant, ce processus ralentit, aussi rapidement qu&#8217;il a d\u00e9but\u00e9. La premi\u00e8re \u00e9tape du d\u00e9veloppement du cerveau, la prolif\u00e9ration des cellules, est maintenant compl\u00e9t\u00e9e. \u00c0 cette \u00e9tape, le foetus poss\u00e8de la plupart des cellules nerveuses qu&#8217;il aura pour le reste de sa vie.<\/p>\n<p>Le cerveau humain passe ensuite \u00e0 la seconde \u00e9tape de son d\u00e9veloppement: ses milliards de cellules nerveuses commencent \u00e0 se connecter les unes aux autres, d\u00e9veloppant parfois des fibres pour se connecter avec des cellules de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du cerveau. Au moment de la naissance, une cellule nerveuse peut communiquer directement avec plusieurs milliers d&#8217;autres cellules. La croissance du cerveau apr\u00e8s la naissance consiste cette fois en une prolif\u00e9ration de connections. Parvenu \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, un grand nombre de cellules nerveuses se connectent directement avec pas moins d&#8217;un quart de millions d&#8217;autres cellules nerveuses.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Sans m\u00eame un clin d&#8217;oeil \u00e0 la loi biog\u00e9n\u00e9tique fondamentale de Ernst Haeckel (1866), et \u00e0 sa th\u00e9orie de la r\u00e9capitulation <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, Russell poursuit.<\/p>\n<p>Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, donc, peut \u00eatre observ\u00e9 dans le d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 humaine. Au cours des derniers si\u00e8cles, le nombre de &#8220;cellules&#8221; dans le cerveau mondial embryonnaire a prolif\u00e9r\u00e9. Mais aujourd&#8217;hui, alors que l&#8217;accroissement de la population diminue, au m\u00eame moment nous nous dirigeons vers la seconde \u00e9tape de notre d\u00e9veloppement: la mise en relation de milliards de cerveaux humains en un unique r\u00e9seau mondial int\u00e9gr\u00e9. Plus nos capacit\u00e9s de t\u00e9l\u00e9communications deviennent complexes, et plus la soci\u00e9t\u00e9 humaine commence \u00e0 ressembler \u00e0 un syst\u00e8me nerveux plan\u00e9taire.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;espace entourant la plan\u00e8te fourmille de millions de signaux diff\u00e9rents; certains sont diffus\u00e9s \u00e0 de grandes populations, d&#8217;autres servent aux communications personnelles, et d&#8217;autres encore permettent les \u00e9changes d&#8217;information entre ordinateurs distants.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la connectivit\u00e9 quasi-instantan\u00e9e qui relie l&#8217;Humanit\u00e9 \u00e0 travers les technologies de communication, et \u00e0 la diss\u00e9mination rapide et \u00e0 grande \u00e9chelle de l&#8217;information, la vision de Marshall McLuhan de l&#8217;Humanit\u00e9 formant un village plan\u00e9taire est sur le point de devenir une r\u00e9alit\u00e9. D&#8217;une demeure isol\u00e9e de Lochaber dans une for\u00eat canadienne, je peux composer un num\u00e9ro \u00e0 Naples en Italie, et il faudra le m\u00eame temps \u00e0 ma voix pour atteindre la ligne t\u00e9l\u00e9phonique \u00e0 Lochaber qu&#8217;\u00e0 mon cerveau pour toucher le compositeur. Du point de vue du temps n\u00e9cessaire pour \u00e9tablir une communication, la Plan\u00e8te s&#8217;est r\u00e9tr\u00e9cie \u00e0 un point tel o\u00f9 les autres cellules du cerveau mondial ne sont pas plus \u00e9loign\u00e9es de nos cerveaux que le sont les extr\u00e9mit\u00e9s de nos propres corps.<\/p>\n<p>Il existerait donc un parall\u00e8le \u00e9troit entre l&#8217;\u00e9volution du cerveau mondial et l&#8217;\u00e9volution de nos fonctions mentales. Les premiers syst\u00e8mes nerveux \u00e9tablissaient des connexions simples entre les diff\u00e9rentes parties de l&#8217;organisme &#8211; entre les capteurs et les muscles, par exemple &#8211; qui permettaient des r\u00e9actions instinctives spontan\u00e9es. De la m\u00eame fa\u00e7on, Internet \u00e0 ses d\u00e9buts permettait le transfert de donn\u00e9es d&#8217;une machine \u00e0 une autre, gu\u00e8re plus.<\/p>\n<p>Dans des organismes plus complexes, des cellules nerveuses se regroupent en ganglions, qui \u00e0 leur tour forment des cerveaux rudimentaires. L&#8217;int\u00e9gration de cette voie sensitive conduit, entre autres choses, \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence de la m\u00e9moire, qui pour autant qu&#8217;on le sache semble \u00eatre distribu\u00e9e \u00e0 travers tout le cerveau. La m\u00e9moire tend \u00e0 \u00eatre associative: la vue d&#8217;un chien peut d\u00e9clencher en moi le souvenir d&#8217;un autre chien, et le besoin d&#8217;appeler un v\u00e9t\u00e9rinaire, qui \u00e0 son tour d\u00e9clenche mes souvenirs d&#8217;un v\u00e9t\u00e9rinaire fictif dans une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, qui peut encore \u00e0 son tour d\u00e9clencher d&#8217;autres associations. La toile mondiale, le Web, qui est devenue le d\u00e9positaire de toutes les connaissances humaines, semble remplir des fonctions semblables au niveau global. Les donn\u00e9es ne sont pas localis\u00e9es en un lieu unique, mais sont distribu\u00e9es parmi des dizaines de millions d&#8217;ordinateurs h\u00f4tes autour de la Plan\u00e8te. Un lien sur n&#8217;importe laquelle des centaines de milliards de pages sur la Toile peut faire appel \u00e0 l&#8217;une ou plusieurs autres pages associ\u00e9es. Plus encore, tout comme un souvenir chez l&#8217;humain peut prendre la forme d&#8217;une pens\u00e9e, une image, une sonorit\u00e9, une odeur, ou toute autre modalit\u00e9, un lien sur la toile peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 un texte, des images, des sons, une vid\u00e9o, une r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, ou une quelconque combinaison de ces modalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9morielles associatives de la Toile ont pu b\u00e9n\u00e9ficier de la mise au point de moteurs de recherche, qui indexent et rassemblent l&#8217;information \u00e0 travers le r\u00e9seau. Ces moteurs devenant de plus en plus sophistiqu\u00e9s, ils priorisent les liens en fonction du contenu, de la popularit\u00e9, du profil de l&#8217;usager, et certains autres param\u00e8tres. D&#8217;autres outils, tels les agents logiciels qui interrogent la Toile s\u00e9mantique, les syst\u00e8mes experts d&#8217;aide au raisonnement, et d&#8217;autres technologies \u00e9mergentes, nous conduisent vraisemblablement vers un r\u00e9seau qui fait plus que seulement se souvenir. Il devient alors un syst\u00e8me qui peut apprendre et penser par lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Les changements que cela apportera, conclut Russell, seront tellement grands que leur impact pourrait bien d\u00e9passer notre imagination. Plus jamais nous nous percevrons comme \u00e9tant des individus isol\u00e9s; nous nous reconna\u00eetrons comme faisant partie d&#8217;un r\u00e9seau mondial en croissance rapide, les nouvelles cellules d&#8217;un r\u00e9seau mondial en \u00e9veil.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;esprit de Russell, ce cerveau mondial offre aussi la promesse d&#8217;un niveau de conscience am\u00e9lior\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire sup\u00e9rieur, et un \u00e9tat de synergie profonde ou d&#8217;union qui englobe l&#8217;Humanit\u00e9 toute enti\u00e8re, une super-conscience collective. Dans cette optique, l&#8217;utopie de Russell se situe dans la suite du concept de no\u00f6sphere d\u00e9velopp\u00e9 par Teilhard de Chardin<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Du point de vue de l&#8217;\u00e9volution probable de la communication humaine, cette m\u00e9taphore du cerveau mondial, et de ce qui pourrait en r\u00e9sulter, est fort int\u00e9ressante. S&#8217;il arrivait \u00e0 terme que cette pr\u00e9diction se r\u00e9alise, il serait fort ais\u00e9 d&#8217;imaginer que notre vision de la communication intrapersonnelle d\u00e9velopp\u00e9e en d\u00e9but de cette section puisse se concevoir comme ayant migr\u00e9 en quelque sorte du cerveau individuel au cerveau collectif. Nos r\u00e9flexions et nos pens\u00e9es individuelles deviennent instantan\u00e9ment perceptibles au niveau collectif; les souvenirs int\u00e9rioris\u00e9s dans notre m\u00e9moire deviennent les souvenirs de la m\u00e9moire collective, et ainsi de suite. Qu&#8217;avons-nous besoin dans une telle perpective d&#8217;un outil de communication primitif tel le langage humain articul\u00e9 dans ses modalit\u00e9s que nous connaissons depuis des mill\u00e9naires? La fin des articulateurs vocaux, ou toute autre forme de communication sign\u00e9e?<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Ils sont nombreux les visionnaires, chercheurs, intellectuels, physiciens, philosophes, biologistes, cybern\u00e9ticiens, futuristes, de tout acabit, \u00e0 essayer d&#8217;envisager l&#8217;\u00e9volution du cerveau humain. La plupart, cependant, ont beaucoup de mal \u00e0 se projeter au-del\u00e0 de ce que leur offre l&#8217;\u00e8re dite \u00c2ge ou Soci\u00e9t\u00e9 de l&#8217;information. T\u00e9moins cette arm\u00e9e de chercheurs associ\u00e9s du Global Brain Institute<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, r\u00e9unis sous la direction de Francis Heylighen, de la Vrije Universiteit de Bruxelles en Belgique. T\u00e9moins \u00e9galement le grand nombre de publications et d&#8217;ouvrages au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie ayant trait\u00e9 de pr\u00e8s ou de loin cette question. Une recherche rapide sur le site Amazon, avec les mots-cl\u00e9s <em>future (of the) mind<\/em>, en fournira des dizaines. La m\u00eame recherche sur Goggle donnera plusieurs millions de r\u00e9sultats, en une fraction de secondes. Rien de particuli\u00e8rement notable, cependant, sur l&#8217;\u00e9volution de la communication humaine. Cela frappe. Le cerveau humain, et le r\u00e9seau Internet ne sont-ils pas \u00e0 la base des syst\u00e8mes de communication? Envisager l&#8217;Homme de demain sans tenir compte de cet aspect me semble passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un \u00e9l\u00e9ment fondamental.<\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9e sous-jacente g\u00e9n\u00e9rale de tous ces travaux et tr\u00e8s nombreuses publications h\u00e9t\u00e9roclites est le concept d&#8217;un syst\u00e9me cogntif au niveau plan\u00e9taire, fondement d&#8217;une conscience collective super-humaine, appuy\u00e9e sur une intelligence d\u00e9velopp\u00e9e gr\u00e2ce aux technologies de l&#8217;information et des communications et \u00e0 Internet. \u00c0 d\u00e9faut de ne pouvoir scruter les aspects neurologiques et cognitifs de ce cerveau mondial anticip\u00e9, cette piste ne m\u00e8ne nulle part.<\/p>\n<p>Il ne fait pas de doute que l&#8217;explosion toujours grandissante de l&#8217;interconnectivit\u00e9 entre les r\u00e9seaux d&#8217;ordinateurs, y compris \u00e0 venir quantiques, et les humains, aura un impact consid\u00e9rable, difficile \u00e0 imaginer, non seulement sur l&#8217;interconnectivit\u00e9 entre les humains mais sur le futur de l&#8217;Humanit\u00e9. Rien cependant \u00e0 ce moment-ci ne nous permet d&#8217;entrevoir par ces moyens un bond significatif dans l&#8217;\u00e9volution de la communication humaine.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Le pal\u00e9opsychologue Howard Bloom (2000)<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> a bien montr\u00e9 que le cerveau mondial n&#8217;a pas attendu l&#8217;apparition des technologies de l&#8217;information et des communications et d&#8217;Internet pour se d\u00e9velopper. Le cerveau global a une impulsion et une puissance sup\u00e9rieure \u00e0 ses \u00eatres constitutifs. Nous sommes les modules d&#8217;un esprit plan\u00e9taire, une intelligence multiprocesseur qui fusionne toutes les formes de type vivant. Le cerveau mondial est \u00e0 l&#8217;oeuvre depuis d\u00e9j\u00e0 plusieurs mill\u00e9naires, dans toutes les zones de notre plan\u00e8te, tant au niveau micro- que macroscopique<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Il est le r\u00e9sultat de l&#8217;interaction des intelligences de milliards de cellules vivantes depuis 2,5 millions d&#8217;ann\u00e9es. Les TIC et Internet ne seraient ainsi qu&#8217;un \u00e9l\u00e9ment de l&#8217;\u00e9volution du cerveau mondial d\u00e9j\u00e0 bien en place depuis fort longtemps, une machine collective pensante.<\/p>\n<p>L&#8217;illusion de l&#8217;utopique ne d\u00e9passe pas le r\u00e9el.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Humans have dreamed of flying since at least the days when the myth of Daedalus was told 3,000 years ago in ancient Greece. But it would take the workings of a global brain 150 generations to turn this fantasy to actuality. (Bloom 2000:221)<\/p>\n<p><\/p>\n<p>We are parts of something 3.5 billion years old, but pubertal in cosmic time. We are neurons of this planet&#8217;s interspecies mind. (Id.: 224)<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le message sans le m\u00e9dium<\/p>\n<p><\/p>\n<p>C&#8217;est au canadien Marshall McLuhan<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> que nous devons cette phrase devenue c\u00e9l\u00e8bre <em>The medium is the message<\/em>, couramment traduite en fran\u00e7ais par <em>Le m\u00e9dium, c&#8217;est le message<\/em>. McLuhan \u00e9tait fascin\u00e9 par les nouveaux m\u00e9dias<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a> apparus gr\u00e2ce \u00e0 la technologique \u00e9lectrique: t\u00e9l\u00e9graphe, t\u00e9l\u00e9type, radio, t\u00e9l\u00e9vision. L&#8217;\u00e2ge \u00e9lectronique a cr\u00e9\u00e9 un milieu totalement nouveau, avance-t-il. Le \u00abcontenu\u00bb de ce milieu nouveau, c&#8217;est l&#8217;ancien milieu machiniste de l&#8217;\u00e2ge industriel. Le nouveau milieu refa\u00e7onne l&#8217;ancien aussi radicalement que la t\u00e9l\u00e9vision refa\u00e7onne le cin\u00e9ma (p. 13)<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a> Un des aspects fondamentaux de l&#8217;\u00e2ge de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, c&#8217;est qu&#8217;il instaure un r\u00e9seau global qui poss\u00e8de plusieurs des caract\u00e9ristiques de notre syst\u00e8me nerveux central (393). Pour ce sociologue, la notion de m\u00e9dium est tr\u00e8s large: langage, argent, imprim\u00e9, mode, transport, t\u00e9l\u00e9vision, t\u00e9l\u00e9phone, cybern\u00e9tique, etc.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois mille ans d&#8217;une explosion produite par les technologies m\u00e9caniques et fragmentaires, le monde occidental \u00abimplose\u00bb, poursuit-il. Pendant l&#8217;\u00e2ge m\u00e9canique, nous avons prolong\u00e9 nos corps dans l&#8217;espace. Aujourd&#8217;hui, apr\u00e8s plus d&#8217;un si\u00e8cle de technologie de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, c&#8217;est notre syst\u00e8me nerveux central lui-m\u00eame que nous avons jet\u00e9 comme un filet sur l&#8217;ensemble du globe, abolissant ainsi l&#8217;espace et le temps, du moins en ce qui concerne notre plan\u00e8te. Nous approchons rapidement de la phase finale des prolongements de l&#8217;homme: la simulation technologique de la conscience. Dans cette phase, le processus cr\u00e9ateur de la connaissance s&#8217;\u00e9tendra collectivement \u00e0 l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, tout comme nous avons d\u00e9j\u00e0, par le truchement des divers m\u00e9dia [sic], prolong\u00e9 nos sens et notre syst\u00e8me nerveux (21-22). Contract\u00e9 par l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, notre globe n&#8217;est plus qu&#8217;un village (23).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Ces propos de ce th\u00e9oricien de la communication s&#8217;inscrivent parfaitement dans le documentaire d&#8217;id\u00e9es que nous avons explor\u00e9es jusqu&#8217;ici dans cet ouvrage sur l&#8217;\u00e9volution probable de la communication humaine. Mais il dira plus: &#8220;Et si l&#8217;on demande: \u00abQuel est le contenu de la parole?\u00bb, il faut r\u00e9pondre: \u00abC&#8217;est un processus \u00abactuel\u00bb de pens\u00e9e, en lui-m\u00eame non verbal&#8221; (26). La parole a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re technologie qui a permis \u00e0 l&#8217;homme de l\u00e2cher son milieu pour le saisir d&#8217;une autre fa\u00e7on. [&#8230;]. En cet \u00e2ge de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, nous nous voyons nous-m\u00eames traduits de plus en plus en information, \u00e0 la veille de prolonger technologiquement la conscience. Voil\u00e0 ce que nous voulons dire quand nous disons que nous en savons chaque jour davantage \u00e0 propos de l&#8217;homme. Nous voulons dire que nous pouvons traduire une plus grande part de nous-m\u00eames en d&#8217;autres formes d&#8217;expression qui nous d\u00e9passent (80).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Qu&#8217;\u00e9crirait McLuhan aujourd&#8217;hui, face \u00e0 l&#8217;univers actuel des nouveaux m\u00e9dias technologiques de l&#8217;information et des communications num\u00e9riques? Comment verrait-il ces prolongements de nous-m\u00eames qu&#8217;offrent ces nouveaux m\u00e9dias? Peut-\u00eatre en soup\u00e7onnait-il d\u00e9j\u00e0 l&#8217;issue quand il \u00e9crivait en conclusion \u00e0 son chapitre sixi\u00e8me <em>Les m\u00e9dia sont des traducteurs<\/em>,<\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#8220;Nous avons d\u00e9j\u00e0 traduit ou prolong\u00e9 notre syst\u00e8me nerveux central dans la technologie \u00e9lectromagn\u00e9tique: nous n&#8217;aurions qu&#8217;un pas de plus \u00e0 faire pour transf\u00e9rer aussi notre conscience au monde des ordinateurs. [&#8230;] la traduction actuelle de toute notre vie en cette forme spirituelle qu&#8217;est l&#8217;information pourrait faire du globe tout entier et de la famille humaine une conscience unique&#8221; (84).<\/p>\n<p><\/p>\n<p>McLuhan, visionnaire non d\u00e9nu\u00e9 de spiritualit\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re de son contemporain Pierre Teilhard de Chardin, avait sans doute &#8220;vu&#8221; plus loin, voire m\u00eame envisag\u00e9 l&#8217;\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale, comme suite probable \u00e0 l&#8217;\u00e8re num\u00e9rique actuelle:<\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#8220;La technologie \u00e9lectrique nouvelle qui \u00e9tend sur toute la surface du globe un filet de prolongements de nos sens et de nos nerfs aura une port\u00e9e immense sur l&#8217;avenir du langage. La technologique \u00e9lectrique n&#8217;a pas besoin de mots, pas plus que l&#8217;ordinateur num\u00e9rique n&#8217;a besoin de nombres. L&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 ouvre la voie \u00e0 une extension du processus m\u00eame de la conscience, \u00e0 une \u00e9chelle mondiale, et <em>sans verbalisation aucune<\/em><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. Il n&#8217;est pas impossible que cet \u00e9tat de conscience collective ait \u00e9t\u00e9 celui o\u00f9 se trouvaient les hommes avant l&#8217;apparition de la parole. Il se peut que le langage, cette technologie du prolongement humain, dont nous connaissons si bien la capacit\u00e9 de diviser et de s\u00e9parer, ait \u00e9t\u00e9 la \u00abtour de Babel\u00bb par laquelle les hommes ont cherch\u00e9 \u00e0 escalader les cieux. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;ordinateur s&#8217;annonce comme un outil de traduction instantan\u00e9e, dans tous les sens, de tous les codes et de toutes les langues. L&#8217;ordinateur, en somme, nous promet une Pentec\u00f4te technologique, un \u00e9tat de compr\u00e9hension et d&#8217;unit\u00e9 universelles. Logiquement, l&#8217;\u00e9tape suivante consisterait, semble-t-il, \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer aux langues, au lieu de les traduire, une sorte de conscience cosmique universelle assez semblable \u00e0 l&#8217;inconscient collectif dont r\u00eavait Bergson. L&#8217;effet d&#8217;\u00abapesanteur\u00bb, o\u00f9 les biologistes discernent la promesse de l&#8217;immortalit\u00e9 physique, aura peut-\u00eatre son parall\u00e8le dans un <em>mutisme<\/em><a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> qui assurerait une paix et une harmonie collective perp\u00e9tuelles. (102-103)<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Envisager l&#8217;avenir <em>sans verbalisation aucune<\/em> et souhaiter un <em>mutisme<\/em> langagier \u00e9quivaut \u00e0 pr\u00e9dire un avenir sans articulateurs verbaux, \u00e0 toutes fins pratiques, l&#8217;obsolescence de tout m\u00e9dium utile \u00e0 la transmission du message.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p>De cerveau \u00e0 cerveau<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Elles sont nombreuses et r\u00e9p\u00e9titives les manchettes sur les sites pseudo-scientifiques d&#8217;Internet \u00e0 rapporter les exp\u00e9riences de communication de cerveau \u00e0 cerveau, ayant recours \u00e0 Internet, justement.<\/p>\n<p>Le jeune milliardaire Mark Zuckerberg lui-m\u00eame, pr\u00e9sident fondateur de Facebook, r\u00eave qu&#8217;un jour prochain, dans quelques d\u00e9cennies croit-il, il sera possible \u00e0 quiconque de transmettre ses pens\u00e9es d&#8217;un cerveau \u00e0 un autre. Il suffira de penser \u00e0 quelque chose et nos amis en seront imm\u00e9diatment inform\u00e9s si on le souhaite. La t\u00e9l\u00e9pathie sera le point culminant des technologies de communication de demain<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Or, tout \u00e0 fait, cela n&#8217;est pas pour demain, mais en attendant, beaucoup r\u00eavent \u00e0 la t\u00e9l\u00e9pathie \u00e0 la &#8220;sauce technologique&#8221; \u00e0 la mode en ce moment, y compris de tr\u00e8s s\u00e9rieuses \u00e9quipes de recherche, qui publient les r\u00e9sultats de leurs exp\u00e9riences dans des revues scientifiques, elles aussi tr\u00e8s s\u00e9rieuses (voir, par exemple Grau <em>&amp; al<\/em>. 2014)<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>.<\/p>\n<p>Aussi longtemps qu&#8217;on s&#8217;acharnera \u00e0 vouloir communiquer de cerveau \u00e0 cerveau au moyen d&#8217;interfaces technologiques, on restera camp\u00e9s dans le domaine des technologies de l&#8217;information et des communications. D\u00e9passer cette \u00e9tape, c&#8217;est certes faire \u00e0 nouveau appel \u00e0 une utopie, mais une utopie qui pourrait bien devenir r\u00e9elle, si l&#8217;on a la patience d&#8217;attendre que nos facult\u00e9s neurologiques se d\u00e9veloppent encore un peu. Il ne faudrait pas trop s&#8217;empresser de jeter nos t\u00e9l\u00e9phones cellulaires \u00e0 la poubelle.<\/p>\n<p>Internet abonde de sites qui voudraient nous apprendre \u00e0 exercer la conscience de notre cerveau, comment lire dans le cerveau d&#8217;autrui, ou plus g\u00e9n\u00e9ralement comment communiquer de cerveau \u00e0 cerveau.<\/p>\n<p>&#8220;Tous les m\u00e9dias de communication sont un sous-produit de notre lamentable inhabilit\u00e9 \u00e0 communiquer directement de cerveau \u00e0 cerveau&#8221;, propose une bande dessin\u00e9e d&#8217;Austin Kleon<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Je ne peux qu&#8217;\u00eatre enti\u00e8rement d&#8217;accord avec l&#8217;humoriste, quoi que, dans la perspective historique et documentaire de cet ouvrage, je pr\u00e9f\u00e8re dire que, <em>faute de mieux<\/em>, par manque d&#8217;un organe sp\u00e9cifique \u00e0 la parole, l&#8217;Humain a jusqu&#8217;ici eu recours \u00e0 des moyens bien peu sophistiqu\u00e9s et rudimentaires pour communiquer avec les autres humains. Par peu sophistiqu\u00e9s, je ne veux pas dire non complexes, puisque mettre \u00e0 profit et en combinaison toutes sortes de m\u00e9canismes (organes phonatoires, mains, expressions faciales, etc.) n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 chose simple, mais il faut bien admettre que tous ces moyens sont plut\u00f4t rudimentaires.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Communiquer sans m\u00e9dium signifierait, pour reprendre l&#8217;exemple de l&#8217;arbre au d\u00e9but de ce chapitre, que ni l&#8217;instructeur ni les \u00e9tudiants n&#8217;auraient eu \u00e0 communiquer au moyen du langage articul\u00e9.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>L&#8217;une des utopies tr\u00e8s attrayante qui circule dans le cercle des penseurs depuis l&#8217;av\u00e8nement des premiers ordinateurs personnels dans les ann\u00e9es 1970, puis des premiers portables dans les ann\u00e9es 1980, est l&#8217;id\u00e9e que, l&#8217;Humanit\u00e9 \u00e9tant de plus en plus interconnect\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 Internet, et ses multiples sous-r\u00e9seaux (facebook, etc.), nous en serions arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;aube de l&#8217;apparition d&#8217;un cerveau mondial, point de jonction et d&#8217;union de toutes les intelligences pensantes de la Plan\u00e8te, <em>la totalit\u00e9 des individus y formant une seule unit\u00e9<\/em>. Apr\u00e8s avoir connu son \u00e9volution biologique, l&#8217;Humanit\u00e9 est \u00e0 pr\u00e9sent t\u00e9moin de son \u00e9volution mentale. \u00c0 terme: un seul cerveau, &#8220;global&#8221;, mondial. J&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9, en passant, cette utopie dans les pages pr\u00e9c\u00e9dentes. L&#8217;Homme du futur est l\u00e0 pr\u00e9sent parmi nous, \u00e9quip\u00e9 de fabuleuses nouvelles capacit\u00e9s mentales dont l&#8217;ont dot\u00e9 les formidables avanc\u00e9es des technologiques num\u00e9riques de communication de masse interpersonnelle du dernier demi-si\u00e8cle. C&#8217;est ainsi, peut-on pr\u00e9dire, que la densit\u00e9 gigantesque des communications interpersonnelles engendrerait \u00e0 terme, gr\u00e2ce aux mises en r\u00e9seau, <em>une mutation vers un mode de communication intrapersonnel<\/em>.<\/p>\n<p>Et selon les visionnaires de cette nouvelle forme d&#8217;intelligence et de cerveau plan\u00e9taire, ce ne serait que le d\u00e9but. On nous pr\u00e9dit qu&#8217;une transformation humaine radicale a commenc\u00e9, r\u00e9unissant les milliards de cerveaux de l&#8217;Humanit\u00e9 en une seule unit\u00e9. Nous nous trouverons r\u00e9unis, pr\u00e9disent les techno-proph\u00e8tes, dans un r\u00e9seau post-WWW qui apprendra nos fa\u00e7ons de pens\u00e9e, et qui anticipera nos besoins avant m\u00eame que nous les connaissions, un r\u00e9seau qui transformera la nature humaine en un super-\u00eatre spirituel, une conscience collective de masse.<\/p>\n<p>Imaginons un peu ce qui suit.<\/p>\n<p>Dans notre monde actuel, technologique, dans la mesure o\u00f9 nous sommes \u00e9quip\u00e9s d&#8217;un bon ordinateur, d&#8217;un laptop, ou mieux d&#8217;un t\u00e9l\u00e9phone cellulaire, d&#8217;une connexion internet \u00e0 haut d\u00e9bit, dune application courrielle quelconque tels <em>Mail<\/em>, ou <em>Whatsapp Messenger<\/em>, il suffit de conna\u00eetre l&#8217;adresse \u00e9lectronique du r\u00e9cepteur avec qui on veut communiquer, pour qu&#8217;en quelques milli\u00e8mes de secondes, ce qui est encore relativement lent, celui-ci re\u00e7oive notre message, qu&#8217;il soit \u00e9crit, sonore ou visuel.<\/p>\n<p>Dans notre monde en devenir, post-technologique, disons <em>no\u00f6sph\u00e9rique<\/em>, dans la mesure o\u00f9 notre cerveau est fonctionnel, et notre conscience en \u00e9veil, il suffirait de conna\u00eetre l&#8217;<em>adresse mentale<\/em> du r\u00e9cepteur avec qui on veut communiquer, pour qu&#8217;instant\u00e9nament, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 une vitesse de pr\u00e8s de 300 000 kms\/sec., soit la vitesse de la lumi\u00e8re, par l&#8217;effet de l&#8217;intrication quantique, celui-ci re\u00e7oive le <em>signifi\u00e9<\/em> et le r\u00e9f\u00e9rent associ\u00e9 de notre message, sans support \u00e9crit, sonore ou visuel, directement dans son cerveau.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> J&#8217;emprunte le titre de cette section \u00e0 Teilhard de Chardin (1959, op. cit.) L&#8217;avenir de l&#8217;homme. Paris: Seuil.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Salman Rushdie. 2016. Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, p. 70. Actes Sud.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> de Saussure, F. 1916. Cours de linguistique g\u00e9n\u00e9rale. R\u00e9\u00e9dition 1979, Paris: Payot.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> J&#8217;utilise ici, comme il est d&#8217;usage en linguistique, l&#8217;alphabet phon\u00e9tique international (API), qui place les symboles sonores entre crochets ( [&#8230;] ).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Salman Rushdie Op. cit., p. 71.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Je choisis &#8220;cerveau mondial&#8221; pour traduire le concept &#8220;global brain&#8221;, courant chez les anglo-saxons, de la m\u00eame fa\u00e7on qu&#8217;on traduit correctement le terme anglais &#8220;globalisation&#8221; par &#8220;mondialisation&#8221;, m\u00eame si l&#8217;emprunt \u00e0 l&#8217;anglais <em>globalisation<\/em> est de plus en plus courant en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Russell, P. 1982. The Global Brain. The Awakening Earth in a New Century. London:Routledge &amp; Kegan Paul.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Haeckel, H. \u00a0 1866. Generelle Morphologie der Organismen\u00a0: Allgemeine Grundz\u00fcge der organischen Formen-Wissenschaft, mechanisch begr\u00fcndet durch die von Charles Darwin reformirte Descendenz-Theorie. Berlin: Verlag.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Voir plus haut dans cet ouvrage, au chapitre trois.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> <a href=\"https:\/\/sites.google.com\/site\/gbialternative1\/home\">https:\/\/sites.google.com\/site\/gbialternative1\/home<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Bloom, H. 2000. Global Brain: The Evolution of Mass Mind from the Big Bang to the 21st Century. New York: J. Wiley &amp; Sons Inc.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Voir \u00e0 ce sujet \u00e9galement l&#8217;excellent ouvrage r\u00e9cent de Bockaert, J. 2017. La communication du vivant. De la bact\u00e9rie \u00e0 Internet. Paris: Odile Jacob.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> McLuhan, M. \u00a0 1964. Understanding Media: The Extensions of Man. New York: McGraw-Hill.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Ce mot, emprunt\u00e9 \u00e0 l&#8217;anglais am\u00e9ricain <em>mass media<\/em>, est maintenant compl\u00e8tement int\u00e9gr\u00e9 en fran\u00e7ais, selon l&#8217;Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;accent aigu sur le <em>e<\/em> et le <em>s<\/em> du pluriel.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Les extraits que je pr\u00e9senterai dans cette section sont tir\u00e9s de la traduction fran\u00e7aise de Jean Par\u00e9, parue en 1968 aux \u00c9ditions HMH, Lt\u00e9e, Mame \/ Seuil, collection Points, intitul\u00e9e Pour comprendre les m\u00e9dias. Les prolongements technologiques de l&#8217;homme.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> C&#8217;est moi qui souligne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> C&#8217;est moi qui souligne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a><a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/technology\/2016\/jun\/14\/zuckerberg-telepathy-facebook-live-video-seinfeld\">https:\/\/www.theguardian.com\/technology\/2016\/jun\/14\/zuckerberg-telepathy-facebook-live-video-seinfeld<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Grau C, Ginhoux R, Riera A, Nguyen TL, Chauvat H, &amp; al. 2014. Conscious Brain-to-Brain Communication in Humans Using Non-Invasive Technologies. PLoS ONE 9(8): e105225. doi:10.1371\/journal.pone.0105225<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> <a href=\"http:\/\/austinkleon.com\/2007\/01\/29\/our-sad-inability-to-communicate-mind-to-mind\/\">http:\/\/austinkleon.com\/2007\/01\/29\/our-sad-inability-to-communicate-mind-to-mind\/<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<p><center>\n<div class=\"u-center-text\">\n\t<p>\n\t\t<a class=\"button__red button__red--solid\" href=\"https:\/\/carleton.ca\/essaislinguistiques\/une-evolution-probable-de-la-communication-humaine-un-documentaire\/\"  rel=\"noopener noreferrer\">Table des mati\u00e8res<\/a>\n\t<\/p>\n<\/div>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<p><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Fournier: Une \u00e9volution probable de la communication humaine. Un documentaire. \u00a92017 Chapitre cinq L&#8217;humanit\u00e9 se c\u00e9phalise[1] &#8220;Suis-je mort?&#8221; lui demanda-t-il au fant\u00f4me sans prononcer un mot. Les mots n&#8217;\u00e9taient pas n\u00e9cessaires. Il n&#8217;y avait de toute fa\u00e7on plus de l\u00e8vres pour les former.[2] Le probl\u00e8me linguistique La communication entre humains nous impose de r\u00e9soudre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_hide_content":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"","_relevanssi_noindex_reason":"","_mi_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v21.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Chapitre cinq: L&#039;humanit\u00e9 se c\u00e9phalise - Essais Linguistiques<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Robert Fournier: Une \u00e9volution probable de la communication humaine. 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