Définir les priorités, renforcer les capacités : comment les organismes caritatifs abordent l’année 2026
L’analyse par le PCPOB de sa première enquête de 2025 a mis en évidence un secteur caritatif pris dans les remous de l’instabilité économique, de l’incertitude politique et de l’escalade des besoins communautaires. L’inquiétude financière était généralisée, l’optimisme s’était atténué et les dirigeants décrivaient la situation sans détour : « C’est tout simplement de la folie. » Pourtant, même dans cette période de turbulences, les organismes caritatifs sont restés fidèles à leur engagement de soutenir les communautés.
Avec la publication de la dernière enquête du PCPOB pour 2025, qui portait sur la planification des organismes de bienfaisance pour 2026, nous sommes désormais en mesure d’examiner comment les priorités et les attentes ont évolué au fil du temps. Cette analyse s’appuie sur trois points de l’enquête : début 2024 (PCPOB 2.01.01, janvier 2024), début 2025 (PCPOB 3.02.1, février 2025) et fin 2025 (CICP 3.11.40, novembre 2025). Ces données font ressortir trois tendances émergentes : un regain d’optimisme, une attention accrue portée aux services et à l’engagement, et une instabilité persistante de la main-d’œuvre. Ensemble, elles indiquent un changement notable dans la façon dont les organismes de bienfaisance canadiens abordent l’année 2026.
L’optimisme fait son grand retour
Dans un contexte d’incertitude économique, 77 % des organisations se disent « très optimistes » (21 %) ou « plutôt optimistes » (56 %) quant à leurs perspectives pour 2026. Il s’agit du niveau d’optimisme le plus élevé depuis trois ans, dépassant les 71 % enregistrés début 2025 et les 76 % début 2024. Le changement le plus frappant est l’augmentation du nombre de personnes se déclarant « très optimistes », qui a presque doublé, passant de 11 % début 2025 à 21 % pour 2026.
| Catégorie Outlook | 2024 (%) | Début 2025 (%) | Fin 2025 (pour 2026) (%) |
|---|---|---|---|
| Positif (optimiste + très optimiste) | 76% | 71% | 77% |
| Négatif (pessimiste + très pessimiste) | 5% | 10% | 8% |
Ce regain d’optimisme suggère que, même si les organismes de bienfaisance s’attendent à ce que 2026 soit marquée par des défis économiques persistants, ils abordent cette année avec une plus grande confiance dans leur capacité à faire face à l’incertitude.
Renforcement des services et de l’engagement communautaire
Si la santé financière reste la priorité absolue pour 66 % des organismes de bienfaisance participants, d’autres priorités importantes indiquent un changement notable dans les activités vers ce que les organismes de bienfaisance peuvent contrôler. L’importance de la prestation de programmes/services a atteint son plus haut niveau en trois ans, citée par 55 % des organisations, contre 50 % en 2025 et 48 % en 2024. De même, la « sensibilisation/l’engagement communautaire » a été signalée comme une priorité nettement plus importante pour 2026 (38 %) qu’en 2024 (29 %).

Dans un contexte d’incertitude, il s’agit d’un choix calculé : les organismes de bienfaisance se concentrent sur les actifs qu’ils peuvent contrôler et renforcer. L’accent renouvelé mis sur les programmes/services essentiels et l’engagement communautaire reflète la stratégie fondamentale des organisations pour assurer leur stabilité.
Priorité à la pérennité de la main-d’œuvre
Si l’instabilité financière reste un défi majeur pour 65 % des organisations, la pérennité de la main-d’œuvre est apparue comme un facteur de pression déterminant pour le secteur. Les organismes de bienfaisance font état de défis persistants liés à la demande croissante de services (36 %), à l’épuisement professionnel du personnel ou des bénévoles (34 %), au recrutement et à la fidélisation du personnel (31 %) et au recrutement et à la fidélisation des bénévoles (25 %).
« Nous avons appris que favoriser le bien-être et la communication du personnel est essentiel pour offrir des soins de qualité. En 2026, nous nous concentrerons sur le renforcement du soutien interne et des liens afin de réduire l’épuisement professionnel et de consolider nos équipes. » (traduit de l’anglais)

Le plus grand risque auquel sont confrontés les organismes de bienfaisance n’est plus uniquement la volatilité du financement, mais aussi la viabilité à long terme de la main-d’œuvre du secteur. Les efforts visant à renforcer les soutiens internes, tels que les prestations de santé complémentaires, les modalités de travail flexibles et l’amélioration de la communication, sont de plus en plus considérés comme essentiels pour maintenir la qualité des services et la résilience organisationnelle.
Suivi des priorités
À l’aube de 2026, de nombreux organismes de bienfaisance accordent la priorité aux actifs sur lesquels ils peuvent exercer une influence directe : les programmes et services, l’engagement communautaire et le soutien à la main-d’œuvre. Si l’incertitude en matière de financement reste une constante, le regain d’optimisme du secteur témoigne d’une grande résilience.
Comme l’a fait remarquer l’un des répondants :
« Nous sommes très résilients, en partie parce qu’en cas de grave pénurie de financement, beaucoup d’entre nous sont prêts à travailler gratuitement… ce qui n’est pas très réjouissant pour ceux qui effectuent ce travail non rémunéré. » (traduit de l’anglais)
Le PCPOB continuera de suivre de près ces tendances à mesure que les organismes de bienfaisance évolueront vers 2026, en surveillant l’évolution de l’optimisme, des priorités et des pressions dans l’ensemble du secteur caritatif canadien.
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