« Mind the Gap » : demande et capacités dans le secteur caritatif canadien
Les organismes caritatifs font partie intégrante de la vie quotidienne des communautés partout au Canada. Ils contribuent au bien-être et à la qualité de vie des gens, s’attaquent à des enjeux qui tiennent à cœur aux Canadiens et soutiennent les communautés dans les moments difficiles. Compte tenu de ce rôle essentiel, il est nécessaire de suivre l’évolution des capacités des organismes caritatifs canadiens. L’écart entre la demande et les capacités, ainsi que son évolution au fil du temps, peuvent nous aider à comprendre dans quelle mesure le secteur est en mesure d’y répondre.
Le Projet Canada Perspectives des Organismes de Bienfaisance (PCPOB) a interrogé, au cours des trois dernières années, des centaines d’organismes caritatifs enregistrés au Canada sur ces deux aspects. Quelles sont donc les conclusions qui ressortent ?
Une demande constante
La demande de services et de programmes caritatifs reste importante. En 2023, 63 % des associations caritatives ayant répondu à l’enquête ont indiqué que la demande pour leurs services et programmes avait augmenté ces dernières années (PCPOB 1.7.30). En 2025, 75 % des répondants ont indiqué que la demande avait augmenté dans une certaine mesure au cours de l’année écoulée, et en 2026, ce chiffre est tombé à 66 % (PCPOB 3.06.18 ; 4.05.16). Seul un très faible pourcentage d’organismes caritatifs, quelle que soit l’année considérée, a signalé une baisse de la demande. Bien que les pourcentages d’une année sur l’autre aient varié, la tendance générale suggère qu’une majorité d’organismes caritatifs connaît une demande croissante pour leurs services et programmes.
La capacité constitue une préoccupation croissante
Pour la majorité des répondants, la demande dépasse la capacité. Le pourcentage d’organismes caritatifs déclarant que la demande dépasse leur capacité est resté relativement élevé : 72 % en 2024, 73 % en 2025 et 65 % en 2026 (PCPOB 2.05.19 ; 3.06.18 ; 4.05.16). Parallèlement, le pourcentage de celles indiquant que la demande correspond à peu près à leur capacité est passé de 18 % en 2025 à 26 % en 2026 (PCPOB 3.06.18 ; 4.05.16).
Bien que l’écart semble s’être quelque peu réduit en 2026, la demande a dépassé la capacité de la majorité des associations caritatives ayant répondu chaque année.
| Année | La demande est bien supérieure à la capacité | La demande est supérieure à la capacité | La demande de services est à peu près égale à la capacité |
|---|---|---|---|
| 2024 (885 réponses) | 28% | 44% | 21% |
| 2025 (717 réponses) | 29% | 44% | 18% |
| 2026 (867 réponses) | 22% | 43% | 26% |
Il convient notamment de noter que le pourcentage d’organismes caritatifs déclarant avoir renforcé leurs capacités a diminué au cours de ces trois mêmes années.
| – | 2024 | 2025 | 2026 |
|---|---|---|---|
| La capacité de votre organisation à fournir des services ou à mettre en œuvre des programmes a-t-elle évolué ? | 55 % : augmentation de 21 % ; pas de changement ; 22 % : diminution (883 réponses) | 51 % : augmentation de 23 % ; pas de changement ; 24 % : diminution (715 réponses) | 35 % : augmentation ; 46 % : pas de changement ; 18 % : diminution (867 réponses) |
En 2026, 35 % des personnes interrogées ont déclaré avoir augmenté leur capacité au cours des 12 derniers mois, ce qui représente une baisse considérable par rapport aux 51 % enregistrés en 2025 et aux 55 % de 2024. Dans le même temps, 46 % ont déclaré n’avoir constaté aucun changement dans leur capacité, contre 21 % en 2024 et 23 % en 2025 (PCPOB 2.05.19 ; 3.06.18 ; 4.05.16). Cette année, les déclarations faisant état d’une capacité inchangée ont été plus fréquentes que celles signalant une augmentation, ce qui marque un renversement de tendance par rapport aux deux années précédentes.
| 2024 | 2025 | 2026 | |
|---|---|---|---|
| Projets visant à augmenter la capacité actuelle | 61% (882 réponses) | 59% (716 réponses) | 52% (866 réponses) |
De nombreuses organisations ayant répondu indiquent qu’elles prévoient d’accroître leurs capacités à l’avenir ; toutefois, le pourcentage d’organismes caritatifs ayant l’intention d’augmenter leurs capacités a légèrement diminué au fil du temps.
Davantage de bénéficiaires et une complexité accrue
Cette année, plus de la moitié (55 %) des associations caritatives ayant répondu à l’enquête ont indiqué que le nombre de bénéficiaires qu’elles accompagnaient ou avec lesquels elles étaient en contact avait augmenté au cours des douze derniers mois (PCPOB 4.07.22). Parallèlement, 47 % des répondants ont indiqué que la complexité des besoins de leurs bénéficiaires ou la gravité des problèmes auxquels ceux-ci sont confrontés s’était également accrue (PCPOB 4.07.22). La complexité croissante des besoins exige des associations caritatives qu’elles disposent de capacités spécialisées et hautement qualifiées pour répondre aux besoins de ces bénéficiaires.
Mais le temps et l’espace sont toujours des ressources très sollicitées au sein des associations caritatives. Par exemple, seules 22 % ont déclaré que les horaires ou la disponibilité de leurs programmes, services ou activités avaient augmenté, tandis que 63 % ont indiqué qu’ils étaient restés à peu près identiques (PCPOB 4.07.22). De même, seules 18 % ont signalé une augmentation de l’espace physique utilisé pour dispenser leurs programmes et services, tandis que 64 % ont déclaré qu’il était resté à peu près identique (PCPOB 4.07.22).
Que nous révèlent ces données sur l’adaptation ?
Les organismes caritatifs s’adaptent à l’évolution de la demande, et nombreux sont ceux qui prévoient d’accroître leurs capacités à l’avenir. Cependant, la tendance observée d’une année sur l’autre montre jusqu’à présent que la plupart des organismes caritatifs canadiens font face à une demande supérieure à leurs capacités. Cela soulève une question importante : quelles conditions ou formes de soutien sont actuellement nécessaires pour aider à réduire ces écarts ? En 2026, la demande croissante de services était le deuxième risque majeur le plus fréquemment cité auquel est confronté le secteur caritatif (59 %), juste après l’instabilité financière (91 %), ce qui suggère que les préoccupations autour de cette question complexe sont largement répandues (PCPOB 4.02.01).
Ces conclusions revêtent une importance accrue compte tenu des tensions commerciales avec les États-Unis, où les changements dans l’environnement économique général auront probablement un impact tant sur la demande à laquelle font face les organismes caritatifs que sur leur capacité à y répondre. Pour un secteur si étroitement lié au bien-être des Canadiens et de leurs communautés, l’écart entre la demande et la capacité constitue un indicateur significatif de la santé et de la résilience du pays.
L’équipe du CICP
Vous souhaitez recevoir nos articles de blog directement par e-mail ? Inscrivez-vous à notre newsletter en cliquant sur le lien suivant, et suivez-nous sur les réseaux sociaux pour rester informé des dernières actualités du projet :
- Inscription à la newsletter : https://confirmsubscription.com/h/t/3D0A2E268835E2F4
- LinkedIn: https://www.linkedin.com/company/cicp-pcpob/
- Réseaux sociaux : @CICP_PCPOB