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Des alliés pour l’accessibilité financière

Published on July 2, 2026

Time to read: 6 minutes

Selon le rapport 2026 de Food Banks Canada sur la pauvreté, une personne sur quatre au Canada est en situation d’insécurité alimentaire, et bon nombre d’entre elles ont un emploi mais ne gagnent pas suffisamment pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Le prix des biens et services suivis par Statistique Canada dans l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,8 % par rapport à l’indice de 2025, ce qui reflète la difficulté à subvenir aux besoins de base. Food Banks Canada a suivi la forte hausse de la demande au cours des cinq dernières années : aujourd’hui, le nombre de visites dans les banques alimentaires a doublé par rapport à 2020.

Le secteur caritatif est un partenaire fiable pour les pouvoirs publics et les entreprises, en particulier en période de crise du pouvoir d’achat. En 2026, les banques alimentaires et des milliers d’autres organismes caritatifs viennent en aide à un nombre sans précédent de Canadiens. Les organismes caritatifs canadiens répondent à cette crise du pouvoir d’achat de trois manières : en proposant des programmes gratuits à des centaines et des milliers de Canadiens, en s’appuyant sur un personnel de confiance ayant une expérience de terrain pour diriger les programmes et les services, et en adoptant le modèle de pôle collaboratif afin de rendre les programmes plus accessibles.

Programmes gratuits et à accès libre

L’ampleur et la portée des services gratuits et subventionnés proposés par les associations caritatives canadiennes sont impressionnantes. En mars 2026, près de la moitié des associations caritatives interrogées (46 %) dans le cadre du Projet Canada Perspectives des Organismes de Bienfaisance (PCPOB) offraient la totalité – ou la quasi-totalité – de leurs services gratuitement, et 73 % d’entre elles proposaient au moins un programme gratuit au cours de l’année écoulée. Parmi les types de ressources gratuites ou subventionnées, on trouve notamment l’aide alimentaire, le transport, la garde d’enfants, les activités pour les jeunes, l’accompagnement spirituel, la thérapie, la reconversion professionnelle, l’aide à la déclaration d’impôts, l’organisation d’événements, des loyers très abordables, des prêts sans intérêt, et bien d’autres encore. Par exemple, un quart des associations caritatives (27 %) fournissent une aide financière ou des bons d’achat à leurs bénéficiaires. Ces programmes gratuits et subventionnés aident les bénéficiaires à mieux gérer leur quotidien (PCPOB 4.03.08).

Les associations caritatives offrent, au sein des communautés locales, des services fiables que ni les partenaires gouvernementaux ni les entreprises ne sont en mesure de fournir. Un tiers des associations caritatives (33 %) aident les personnes à accéder aux systèmes d’aide publique mis en place par les pouvoirs publics et à s’y retrouver, car les bénéficiaires confrontés à des problèmes de santé ou à des barrières linguistiques ont besoin d’un accompagnement pour faire une demande de prestations sociales. Fortes de leur capital social et de la confiance que leur accordent les membres de la communauté, les associations caritatives peuvent jouer le rôle d’interlocuteurs auprès des pouvoirs publics (PCPOB 4.03.08).

Les Canadiens ont largement recours à ces services gratuits et subventionnés. La moitié des associations caritatives participantes au PCPOB (environ 55 %) ont pris en charge jusqu’à 1 000 personnes au cours des 12 derniers mois, tandis que 5 % des organisations avaient la capacité d’accueillir plus de dix mille bénéficiaires, et 2 % d’entre elles ont même pris en charge plus de 25 000 bénéficiaires, ce qui est impressionnant. Les Canadiens se tournent vers ces programmes et services pour alléger leurs dépenses et tisser des liens avec leur communauté. Un membre du panel du PCPOB a affirmé qu’« il est essentiel de renforcer le rôle du secteur caritatif dans la lutte contre l’inaccessibilité financière, car ces organisations apportent non seulement un soulagement immédiat aux familles, mais génèrent également des économies publiques à long terme et renforcent la stabilité sociale et communautaire ». En d’autres termes, les programmes et services proposés par les organismes caritatifs favorisent la cohésion sociale (PCPOB 4.03.08).

Un personnel animé par une mission et fort d’une expérience vécue

Les associations caritatives bénéficient d’un vivier de main-d’œuvre hautement qualifiée et animée par une mission. Le PCPOB a récemment publié une note d’information consacrée à cette main-d’œuvre qualifiée. Le personnel des associations caritatives comprend les obstacles auxquels sont confrontés les bénéficiaires, car il les a lui-même rencontrés : 70 % des associations déclarent compter parmi leur personnel des personnes ayant une expérience vécue directe (PCPOB 1.11.45). Rien ne remplace l’expérience vécue lorsqu’il s’agit de prodiguer des soins empreints de compassion. Par exemple, les participants à la table ronde ont souligné l’importance de réduire les obstacles – comme proposer des services de transport ou de garde d’enfants – afin que les personnes se sentent à l’aise lorsqu’elles participent à des programmes caritatifs (PCPOB 4.03.08).

Le personnel ayant une expérience vécue constitue un atout inestimable pour les organismes caritatifs. Les organismes caritatifs canadiens ont indiqué que leurs principales forces résident notamment dans leur forte adéquation aux besoins de la communauté (67 %) et dans leur personnel qualifié et engagé (56 %) (PCPOB 4.02.01). Malgré une faible sécurité de l’emploi et des salaires modestes, le personnel reste motivé par sa passion pour son travail (78 %) et par son adhésion à la mission et aux valeurs de son organisation (77 %) (PCPOB 3.06.20). Les associations caritatives canadiennes considèrent leur personnel comme des experts de la communauté et des acteurs de confiance dont les connaissances locales et l’expérience vécue sont le moteur de l’impact de l’organisation.

Pôles de services collaboratifs

Grâce à sa présence remarquable dans toutes les communautés canadiennes, le secteur caritatif peut aider les Canadiens confrontés à la crise du coût de la vie en leur facilitant l’accès aux services. Les pôles collaboratifs réduisent les obstacles et renforcent la cohésion sociale. Un pôle de services communautaires regroupe plusieurs organisations qui fournissent des services à la communauté, comme l’East Scarborough Storefront, qui compte 30 groupes partenaires et est géré par MakeWay. En 2024, 79 % des organismes caritatifs interrogés par le PCPOB ont estimé qu’une collaboration accrue entre eux pourrait améliorer les résultats pour les personnes qu’ils accompagnent (PCPOB 2.11.44). En 2025, les associations caritatives participantes au PCPOB ont déclaré avoir investi dans la mise en œuvre conjointe de programmes (20 %), et/ou dans le partage d’espaces de bureaux (17 %), et/ou dans le partage de services administratifs (12 %) (PCPOB 3.06.19). Bien que la collaboration soit plus difficile en dehors des zones urbaines, la volonté des associations caritatives de collaborer et de renforcer la cohésion sociale ne cesse de croître.

Conclusion

Les associations caritatives contribuent à rendre les services plus abordables en proposant des programmes gratuits, en employant un personnel bienveillant ayant une expérience de terrain et en collaborant à la prestation des services, lorsque cela est possible. Mais elles doivent également faire face aux mêmes pressions économiques que le reste d’entre nous, telles que l’inflation et la hausse du prix de l’essence. Par exemple, plus de la moitié des associations caritatives participantes au PCPOB ont signalé une augmentation du coût de leurs fournitures et de leurs services (43 % ont constaté une augmentation, 12 % une forte augmentation). Parallèlement, une grande partie de ces organisations a également connu une augmentation (39 %) ou une forte augmentation (16 %) de la demande pour leurs services (PCPOB 4.04.11). Cette hausse de la demande, telle que documentée par Food Banks Canada, témoigne du rôle essentiel que jouent les associations caritatives dans l’économie. En période de crise du pouvoir d’achat, les associations caritatives de tout le pays assument la plus grande partie de la charge pour venir en aide aux Canadiens.

Author

Cornell, Kate

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